Congo
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

En RDC, le procureur de la CPI veut plus d’efficacité dans la lutte contre les crimes de guerre

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, en visite en République démocratique du Congo, a prôné lundi à Bukavu (est) « une autre manière de travailler », en concertation avec les autorités et la communauté internationale, pour lutter contre les crimes de guerre.

C’est en RDC que la CPI, en fonction depuis 2002, a lancé en 2004 sa première enquête, sur des crimes commis en Ituri, dans le nord-est du pays. Trois condamnations définitives ont été prononcées depuis par la Cour pour des faits commis en RDC. « Nous avons eu des cas… nous avons eu des condamnations », a déclaré à la presse Karim Khan, après avoir rencontré dans son hôpital de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix en 2018 pour son action en faveur des femmes victimes de viols utilisés comme arme de guerre. « Mais une évidence s’impose à nous: les viols n’ont pas cessé, les crimes n’ont pas cessé », a-t-il ajouté. Le procureur de la CPI, qui a également prévu de se rendre en Ituri, achèvera son séjour en RDC à Kinshasa où il rencontrera les autorités. « Le message est que nous devons trouver une nouvelle manière de travailler… pas la même que celle que nous avons depuis 2004 », a déclaré le procureur. Selon lui, il faut « une action collective », « un partenariat plus fort » entre le gouvernement, les gouverneurs de provinces, la société civile (…) l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations unies », afin de démontrer une volonté commune de mettre fin aux crimes. Denis Mukwege n’a pas parlé publiquement à l’occasion de cette visite mais plaide constamment pour la fin de l’impunité et pour une « justice transitionnelle » afin de stopper la spirale de violences dans laquelle est plongé l’est de la RDC depuis les années 1990. Dans la cour de son hôpital, des représentants de victimes s’étaient réunis pour accueillir le procureur de la CPI, brandissant des calicots appelant à la justice, réclamant des tribunaux spéciaux ou des chambres spécialisées pour juger les crimes, y compris ceux commis avant la création de la CPI. « SOS Justice – nous pleurons nos frères et soeurs innocents massacrés en masse pendant les guerres dites de libération », disait un des panneaux. « A la CPI, nous demandons seulement que justice soit faite », a déclaré à l’AFP Félix Bafulwa, 63 ans, dont le père et un frère ont été tués le 28 octobre 1996. Neema Cikambasi, 43 ans, rappelle  comment les rebelles ont tué 11 membres de sa famille ce même jour d’octobre 1996. « Les personnes tuées ont toutes été enterrées dans trois fosses communes, dont une à côté de notre parcelle… ».

(Avec AFP)*