Congo
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L’UDPS poignardée dans le cœur !

(Une alerte de Corneille Mulumba)

I.         Combattantes et combattants de l’UDPS, compagnons de lutte,

Le Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur, Monsieur Peter Kazadi Kankonde, pourtant fils maison de l’UDPS, et avocat de profession, a transmis, en date du 23 juin 2023, « la liste de partis politiques éligibles aux scrutins en cours clôturée, le 22 juin 2023 » par le Ministère.  

Une copie de ladite liste a été transmise pour information au Président de la République, au Premier Ministre, au Secrétaire Général du Gouvernement, ainsi qu’au Directeur Général du Journal Officiel.

Sur cette liste figurent quatre partis politiques dénommés UDPS, et identifiés comme suit :

1.        UDPS/Mubake

a.        Responsable : Valentin Mubake

b.        Nr de l’Arrêté : 091-049 

c.         Date de signature de l’Arrêté : 17 janvier 1991

2.        UDPS (dite Tshibala)

a.        Responsable : Tharcisse Loseke Nemba-Lemba

b.        Nr de l’Arrêté : 091-049 

c.         Date de signature de l’Arrêté : 17 janvier 1991

3.        UDPS/Tshisekedi

a.        Responsable : Félix Tshisekedi Tshilombo

b.        Nr de l’Arrêté : 091-049 

c.         Date de signature de l’Arrêté : 17 janvier 1991

4.        UDPS/Kibassa

a.        Responsable : Augustin Kibassa Maliba

b.        Nr de l’Arrêté : 013/2000

c.         Date de signature de l’Arrêté : 23 septembre 2000

Comme tout un chacun l’aura remarqué, tous ces numéros d’agrément figurant sur la liste des partis et regroupements politiques transmise par le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur à la CENI pour les scrutins de décembre 2023 sont fantaisistes ; ne fût-ce que du fait des dates de création et de celles de signature des arrêtés correspondants. Ceci est tout à fait délibéré.

Dans une lettre adressée au Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur datée du 24 mars 2018, les Pionniers de l’UDPS écrivaient ceci :

 « (…)  Nous avons l’honneur de venir, par la présente, vous apporter les éclaircissements nécessaires en vue d’affiner votre jugement sur le dossier UDPS, avant transmission de la liste des partis et regroupements politiques à la CENI.

Le parti politique dénommé « Union pour la démocratie et le Progrès Social », UDPS en sigle, a été créé le 15 février 1982 par une lettre signée ce jour-là par 39 personnalités congolaises et adressée au Président de la République.

Conséquence de l’ouverture de notre pays à la démocratie pluraliste, l’UDPS obtint son agrément du Ministre de l’Intérieur sous l’Arrêté ministériel Nr 091-049 du 17 janvier 1991, à la demande du Collège des Fondateurs, représenté par le Président du Parti, Monsieur Frédéric Kibassa Maliba.

(…) 

A l’entrée de l’AFDL, en mai 1997, les activités des partis politiques furent interdites temporairement par le Président de la République, Mzee Laurent-Désiré Kabila.

La levée de la mesure d’interdiction intervint au courant de l’année 1999, avec obligation pour les partis politiques existants de se faire de nouveau enregistrer.

C’est pour respecter cette décision gouvernementale que le Collège des Fondateurs mandata les Fondateurs François Lusanga Ngiele et Charles Dia Onjen Ambel, ainsi que le co-Fondateur Jean Kyungu Mukange pour déposer une nouvelle demande d’agrément.

C’est par l’Arrêté Ministériel Nr 2000/013 du 23 septembre 2000 que l’UDPS obtint son nouvel agrément.

(…)

Il faut souligner le fait que ces statuts (déposés comme soubassement à la demande d’agrément) ne font nulle part allusion à une quelconque UDPS/Kibassa ou une UDPS/Tshisekedi».

D’autre part, les Pionniers de l’UDPS avaient organisé un Conclave des cadres du Parti au Venus Village de Mikonga II, à Kinshasa, les vendredi 31 mars et samedi 1er avril 2017. Celui-ci avait connu la participation des membres du Groupe des Treize Parlementaires, des membres co-fondateurs de l’UDPS, du Premier Ministre, des Ministres et des Députés nationaux membres de l’UDPS notamment. Au total près de 500 personnes avaient pris part à l’activité. Le Conclave avait pour objectif une réflexion commune sur l’avenir du parti.

Dans la déclaration finale du Conclave, l’on peut lire notamment ceci : 

‘’(…)

Décision Nr 1 : L’UDPS, créée le 15 février 1982, et patrimoine commun de tous ses membres, est une et indivisible.

a.        Les conclavistes rappellent que l’Arrêté Ministériel Nr 091/049 du 17 janvier 1991, ainsi que l’Arrêté Ministériel Nr 2000-013 du 23 septembre 2000 reconnaissant l’existence légale de l’UDPS, ne parlent ni de l’UDPS/Tshisekedi, ni de l’UDPS.Kibassa ; mais tout simplement de l’« UDPS ».

b.        Ils constatent que ces deux mouvements n’ont pour soubassement légal qu’une simple lettre du Ministre de l’Intérieur de l’époque.

c.         Les conclavistes exigent donc le respect de la loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques

Décision N0 2.

Un parti politique est une association.  Toute association a pour organe suprême l’Assemblée Générale de ses membres. Et, dans le cas d’un parti politique, celle-ci s’appelle « Congrès »’’ 

II.        Combattantes et combattants de l’UDPS, chers compagnons de lutte,

Comme vous pouvez le constater, les UDPS Tshisekedi, Mubake, et Tshibala sont identifiées sur la liste transmise à la CENI par le Vice-Premier Ministre et Ministres de l’Intérieur par un numéro d’agrément nidentique ; qui plus est a été abrogé depuis 1997. D’autre part, l’Arrêté Ministériel Nr 2000/013 du 23 septembre 2000 concerne l’UDPS tout simplement, et non l’UDPS/Kibassa.

La conséquence logique de tout ceci est que toutes les listes UDPS seront déconsidérées par la CENI ; et notre parti ne sera pas présent aux scrutins de décembre 2023. Il n’aura donc plus de Députés et Sénateurs au Parlement. Et ce sera la fin ; car, en démocratie, un parti qui n’a pas d’élus cesse d’exister. Voilà le plan machiavélique concocté par les nôtres aujourd’hui au pouvoir.

Paradoxalement, le même Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur est la base de la création d’une multitude de partis-bidons, dits ‘’mosaïque tshisekediste’’. Des millions de dollars américains seront mis à leur disposition pour prendre en charge les campagnes électorales de leurs candidats.

Si les partis-bidons parvenaient à faire élire ne fût-ce qu’un seul candidat chacun, ce seront au total près d’une centaine d’élus qui siègeront dans un Parlement dans lequel l’UDPS originelle sera totalement absente.

C’est une décision à la fois égoïste, cynique, et diabolique pour tous ceux qui connaissent le parcours de notre parti et le prix payé pour exister jusqu’aujourd’hui.

III.       Combattantes et combattants de l’UDPS, chers compagnons de lutte,

Souvenez-vous de cette mésaventure du début de la législature : 

L’UDPS compte une douzaine de députés à l’Assemblée provinciale de Kinshasa, dont le Président du Groupe parlementaire était Monsieur Peter Kazadi Kankonde. Alors qu’avec le soutien de trois ou quatre députés seulement, l’on pouvait être élus Sénateur, notre parti ne dispose pas d’un seul Sénateur élu de Kinshasa.

IV.       Toujours en début de mandat, il y a aussi cette histoire grotesque de « mandat spécial ». Si beaucoup d’entre nous n’avaient pas fait montre de suffisamment de perspicacité pour s’en apercevoir, les intentions nocives dans le chef des dirigeants du parti étaient déjà indubitables.

Ce « mandat spécial », initié par le même Peter Kazadi, et signé par le Président sortant, octroyait au Secrétaire général d’alors le pouvoir d’assurer, sine die, l’intérim du Président, en violation totale des statuts du parti. Ce dernier s’était, à son tour, octroyé le pouvoir de nommer un Secrétaire général ; chose inconcevable pour un parti qui défend l’Etat de droit et la démocratie.

Abusant du pouvoir d’Etat et d’argent, les nouveaux maîtres du pays ont ainsi réussi à paralyser totalement le fonctionnement normal de notre parti.

V.        C’est encore un signe révélateur : pendant les 5 ans de législature, il n’y a eu ni Congrès, ni conclave, ni séminaire digne de ce nom en vue de réorganiser et restructurer le parti après les élections ; mais aussi, en vue de définir les axes principaux de l’action gouvernementale.

L’UDPS, qui devait servir de modèle aux autres partis, a fait piètre figure. L’on a commencé à se moquer de nous : l’UDPS n’a pas de cadres ; malgré plusieurs années de combat politique, l’UDPS ne s’était pas préparée à diriger le pays ; l’UDPS, un parti des incompétents et des ‘’frappeurs’’. Quelle honte !

VI.       Tout au long de la législature, les nominations dans les entreprises publiques, dans le gouvernement, ou à la Présidence de la République ont semblé obéir à une seule règle implacable : tout le monde, sauf les membres de l’UDPS qui ont combattu pendant longtemps. 

VII.     Aux élections législatives de 2018, les inscriptions sur les listes électorales de l’UDPS l’ont été au plus offrant ; même s’il n’avait jamais été membre du parti, ce qui importait, c’était la quantité de billets verts que le candidat mettait sur la table. Il n’était pas question d’aligner des candidats dont l’engagement politique et la loyauté à l’égard de l’UDPS était avérés.

La conséquence prévisible a été que pendant les 5 années de législature, les élus de l’UDPS, tout comme ceux qui siégeaient au gouvernement pour le compte du parti n’ont pas été capables de présenter une seule proposition ou un seul projet de loi, pas une seule réforme importante pour le pays.

Cela est-il pensable pour un parti politique qui s’est battu pendant plus de 40 pour introduire des changements dans le pays et améliorer les conditions de vie des populations ?

Ceci a eu comme conséquence que la gouvernance s’est avérée chaotique sur tous les plans, couvrant ainsi de honte et de ridicule tous ceux qui s’étaient sacrifiés pour la grandeur de notre pays et qui avaient cru en l’UDPS.

VIII.    En 5 années de législature, nos pauvres combattants ont été abandonnés à eux-mêmes ; comme s’ils n’étaient bons qu’à servir de chair à canon pour assouvir les appétits de pouvoir de certains membres de l’UDPS.

Rien n’a été fait pour eux : ni coopératives, ni centre médical, ni structure sociale quelconque.

IX.       Et enfin, il faut le savoir, les deux postes les plus haut placés dans la hiérarchie des institutions de la République qui revenaient à l’UDPS sont la Première Vice-Présidence du Sénat et la Première Vice-Présidence de l’Assemblée Nationale. Comme tout un chacun aura pu s’en apercevoir, ces deux postes très importants et hautement stratégiques sont occupés par deux individus qui n’ont jamais été membres de l’UDPS.

Tout membre de notre parti est en droit de se demander par quelle magie ces deux Messieurs ont été parachutés à ces postes, au détriment des hauts cadres du Parti ayant prouvé leur loyauté et leur patriotisme. Qui les a imposés, et dans quel but ?

X.        Tout ceci témoigne de la volonté et de la détermination de rayer l’UDPS de l’échiquier politique congolais ; et cela depuis le début de la législature.

Et, pour acheter la conscience, le silence, voire la complicité des 4 des Treize Parlementaires survivants, il a été offert à chacun d’eux une Jeep de marque Toyota, full option, pimpant neuve.

Ainsi, ils devront fermer les yeux et se taire pendant que l’on immole leur enfant, l’UDPS. Ces jeeps n’ont donc été autre chose que de la corruption.

Neuf des Présidents de Fédération qui avaient pris l’initiative de préparer le Congrès statutaire du parti croupissent en ce moment à la prison centrale de Makala, victimes des abus du pouvoir. L’on veut intimider, terroriser tous les membres qui oser s’opposer à la liquidation de l’UDPS. Le courage politique de ces 9 fédéraux ressemble, à s’y méprendre, à celui des Treize Parlementaires en 1980. Ils méritent le soutien de tous.

XI.       Combattantes et combattants de l’UDPS, Compagnons de lutte,

Comme je l’écrivais dans une tribune publiée, le 7 novembre 2009 : 

« (…) tous ceux à qui il est donné de diriger l’UDPS aujourd’hui doivent être conscients du fait qu’ils ont en charge un capital bâti sur les privations des autres. Ils ont le devoir patriotique de le faire fructifier en conduisant impérativement l’UDPS au pouvoir afin que les sacrifices consentis ne l’aient pas été en vain. De la sorte, l’UDPS pourra jouer le rôle politique de premier plan qui lui est dévolu en République Démocratique du Congo et en Afrique pour l’amélioration des conditions de vie de nos peuples. Ils doivent également être conscients qu’au sein de l’UDPS existe cette charge émotionnelle particulière qui, bien gérée, peut générer une très grande capacité de mobilisation et une force capable de déplacer des montagnes ».

Malheureusement, les nôtres au pouvoir aujourd’hui n’ont pas trouvé mieux que de mettre en exécution un plan machiavélique visant à effacer l’UDPS de la scène politique congolaise, et, indirectement, à faciliter la balkanisation de notre pays en en affaiblissant les institutions, notamment en anéantissant des organisations capables de mobiliser les masses et de faire ainsi échec aux plans concoctés par les grandes puissances et les multinationales. L’UDPS est, en effet, l’une de ces organisations congolaises qui, de par son ancrage dans la population des quatre coins du pays, disposait d’un tel potentiel. Ceci explique sans doute cela.

XII.     Combattantes et Combattants de l’UDPS, compagnons de lutte,

Pour nous, les Pionniers, en effet, l’UDPS devait être suffisamment puissante pour qu’elle soit en mesure de changer radicalement les conditions de vie désastreuses de nos concitoyens et la face de notre mère-patrie. Notre parti devait créer les conditions pour que notre pays puisse jouer son rôle prédestiné de moteur de l’Afrique.

Pour pouvoir y parvenir, nous avons accepté d’énormes sacrifices. Nous avons supporté des violences de toutes natures, nous avons rabroué les offres financières et matérielles les plus alléchantes, et résisté aux pressions et menaces de toutes natures 43 longues années durant. Nous nous sommes donc sacrifiés pour que notre parti soit suffisamment implanté sur l’ensemble du territoire national et dans toute la diaspora congolaise.

Nous avions brillamment réussi cette première étape. Et nous avions incarné les espoirs et les ambitions de tout un peuple. Nous n’avons pas le droit de décevoir ce pauvre peuple congolais. Nous n’avons pas le droit de trahir la mémoire de nos martyrs dont les squelettes jonchent le lit du Fleuve Congo et dont les corps ont fertilisé les sous-bois de la forêt équatoriale, largués vivants, bras et jambes ligotés, du haut des hélicoptères de la mort par la soldatesque de Mobutu, comme l’avait témoigné le pilote d’hélicoptère, le lieutenant Yambuya.

XIII.    Combattantes et Combattants de l’UDPS, compagnons de lutte,

L’UDPS est notre bébé, le fruit de nos souffrances, notre machine politique pour changer le Congo, notre pays, notre paradis.

Nous avons le devoir de faire échouer ce plan machiavélique. Tous les Congolais non opportunistes, qui croient en un avenir radieux pour notre pays, et qui ont de près ou de loin sympathisé avec l’UDPS doivent se lever et se mobiliser pour sauver ce patrimoine national.

L’UDPS existe bel et bien conformément à la loi congolaise. Son numéro d’agrément est le 013/2000, signé le 23 septembre 2000, après renouvellement. Personne, Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur, soit-il, ne peut s’octroyer le pouvoir de tirer un trait sur notre patrimoine. Nous nous sommes érigés contre la dictature de Mobutu des années durant. Ce n’est pas pour que l’on nous y ramène aujourd’hui.

Les manœuvres frauduleuses et assassines du Vice-Premier Ministre et Ministre de l’Intérieur doivent absolument être dénoncées ; au besoin devant la Justice nationale et internationale, les organisations internationales de défenses de Droits de l’Homme, et même à l’Union interparlementaire.

Tous les juristes, membres de l’UDPS ou simplement patriotes, doivent se lever pour faire échec à ce plan diabolique.

XIV.    Combattantes et Combattants de l’UDPS, compagnons de lutte,

Aux scrutins électoraux de décembre 2023, l’UDPS, ce parti qui nous est combien cher, devra malgré tout avoir ses propres élus ; condition sine qua non de sa survie. 

Afin de contourner le piège, j’invite le maximum de nos compagnons, qui s’en sentent capables, de s’inscrire sur les listes électorales de n’importe quel parti politique, tant pour les législatives nationales que provinciales. Au lendemain des élections, nos élus se compteront et constitueront la base politique pour un nouveau départ. Ils intégreront un groupe parlementaire de patriotes capable de faire adopter des réformes indispensables à l’épanouissement de notre peuple et à l’émergence de notre pays. Ce seront des élus qui pourront travailler pour notre peuple, et non pour accumuler des millions de dollars ; quitte à vendre le pays.

Nous devrons absolument mobiliser le maximum des Congolais pour faire échec aux comploteurs en allant voter massivement pour les nôtres ; quel que soit le label sous lequel ils se présenteront.

XV.     Combattantes et combattants de l’UDPS, compagnons de lutte,

L’UDPS, c’est le produit de notre sang, de nos privations.

Nous avons payé de nos poches, sacrifiant nos familles pour une cause noble : le bien-être du peuple congolais, la grandeur de notre pays. C’est là notre différence avec nombre de partis qui grouillent sur la scène politique congolaise de nos jours. Ainsi donc, personne ne peut se frapper la poitrine et prétendre être le propriétaire de l’UDPS ou en être l’’autorité morale’’ pour l’avoir financée de sa poche ; au point de vouloir décider unilatéralement de sa liquidation. L’UDPS est un patrimoine de tous ses sociétaires que nous sommes.

Combattantes et combattants de l’UDPS, ne nous laissons pas faire par des individus qui ignorent la valeur de notre combat. Serrons-nous les coudes et battons-nous de toutes nos forces pour faire échec à ce complot.

Tenons bon !

Kinshasa, le 18 juillet 2023

Corneille Mulumba

Membre co-fondateur de l’UDPS