Congo
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Moïse Tshombe, 54 ans dans l’au-delà : Isabelle Tshombe plaide pour la reconnaissance de l’Etat congolais

Il fera 55 ans, jour pour jour depuis que l’un des pères de l’indépendance, Moïse Tshombe a quitté la terre des hommes. L’ambassadeur Isabelle Tshombe, l’une de ses filles biologiques sollicite de la part de l’Etat congolais une reconnaissance pour les mérites reconnus à l’illustre disparu. Dans une interview sur les antennes de la RTNC, madame l’ambassadeur a retracé l’histoire de cette grande figure du pays, qui aura passé toute sa vie dans la lutte pour un Congo libre, digne et prospère.

Plus de cinq décennies après, Mme l’ambassadeur pense qu’il est aujourd’hui important que l’Etat congolais puisse songer enfin à cette figure de renom, en permettant notamment le rapatriement de son corps. «Il est important que nous puissions songer enfin à lui permettre de venir reposer sur la terre de ses ancêtres et de lui rendre effectivement l’hommage qu’il mérite et le replacer dans l’exactitude de l’histoire. Pas dans l’histoire qu’ont écrit les vainqueurs de cette époque-là. Mais la vraie histoire, l’histoire qui nous interpelle puisque jusqu’à aujourd’hui, il est une de nos icônes historiques », exhorte-t-elle.

Unificateur, démocrate et redresseur de l’économie nationale

Par ailleurs, Isabelle Tshombe  qualifie de «faux procès», toute tendance de l’opinion qui identifie cet illustre personnage comme sécessionniste, et rappelle que c’est grâce à son père que la RDC a connu les premières élections démocratiques et pacifiques. «C’est à Moïse Tshombe que l’on doit l’unification, les premières élections et le redressement économique du pays », dit-elle.

Elle rappelle que Tshombe avait non seulement un rôle important dans la table ronde de Bruxelles convoquée en 1959, mais avait également un autre rôle de président du Front commun. «Ce front commun a été composé d’hommes politiques, de représentants des différents partis politiques mais aussi de gens qui composaient la société civile, ça allait même jusqu’à des artistes, des musiciens. Je dirai toute cette brochette de personnages qui représentaient la société congolaise qui se réunissaient à Bruxelles avaient choisi Moïse Tshombe pour être le président du Front commun. Donc, c’est en tant que président du front commun qu’il a exigé l’arrivée de Patrice Lumumba aux assises de la table ronde. Ce sont ces hommes-là qui ont œuvré pour que notre pays puisse accéder à l’indépendance », rappelle-t-elle.

Plus loin, elle rappelle que c’est  son père Tshombe qui est venu, en tant que Premier ministre, réunifier le pays et lui donner un essor économique. Et c’est lui aussi qui a œuvré pour que dans ce pays qu’il y ait les premières élections pluralistes, libres et transparentes. Donc, les premières élections générales qu’il ya eu, c’est à Moïse Tshombe qu’on les doit. Ce drapeau devant lequel aujourd’hui nous nous inclinons, c’est encore à Moïse Tshombe qu’on le doit. Le nom de la République Démocratique du Congo, c’est encore à Moïse Tshombe qu’on le doit puisque tout cela était inscrit dans la constitution de 1964 à Luluabourg. Donc, jusqu’aujourd’hui, nous sommes tributaires de sa contribution à l’indépendance du pays. Mais, sa contribution aussi à redonner aux Congolaises et aux Congolais surtout la fierté d’appartenir à un grand pays et surtout le courage politique qu’il a eu. Je crois que c’est important de s’en souvenir et de  rendre à César comme on dit ‘’A César ce qui est à César ‘’.

Isabelle Tshombe considère, en outre, que la journée du 30 juin dédiée à l’indépendance devait être aussi l’occasion pour les congolais de réfléchir  profondément pour se poser des questions : «est-ce que nous avons pu effectivement construire ce pays selon les vœux des pères de notre indépendance?», souligne Mme l’ambassadeur.

Fidel Songo