Congo the

De la pensée coloniale à la pensée congolaise actuelle : tribulations du peuple congolais à la recherche de sa personnalité de base.

Par Lucien PAMBOU

Il faut remercier Congo-liberty d’avoir adopté une méthode nouvelle de discussion favorisant les débats. Congo-liberty présente des textes, des décrets-lois qui sont des preuves irréfutables des décisions prises par les hommes politiques congolais de l’indépendance à nos jours.  Ces faits politiques sont des témoignages qui permettent un débat rationnel et non fondé sur l’émotion, l’approximation, l’invective et la recherche d’une adhésion populaire à des démonstrations hasardeuses. Merci encore à Congo-liberty. Ce site est celui de la résistance et de l’opposition au pouvoir de Denis Sassou Nguesso , mais, assez paradoxalement, c’est aussi un site ouvert aux débats ce qui permet aux différents intervenants d’exposer leurs points de vue. Ces intervenants, diplômés ou non, intellectuels ou non, ont le droit de s’exprimer et c’est bien ainsi.

Les Congolais sont perdus, ils ne savent plus où ils habitent. La personnalité de base d’un peuple, c’est à dire une somme de valeurs collectives reconnues par tous et acceptées par tous, semblent en voie de dislocation. Les raisons sont multiples : la modernité rapide ainsi que l’évolution des technologies dans lesquelles les Congolais semblent perdus en les obligeant à adopter uniquement la posture de consommateurs de biens qu’ils ne produisent pas. Les hommes et les femmes de ce pays vont jusqu’à se décaper la peau avec des produits blanchissant pour imiter la clarté de peau du maître blanc. Les Congolais ont oublié au passage leurs qualités traditionnelles en tant que forgerons, artisans, agriculteurs, pour s’adonner aux agapes et délices du monde moderne. On peut faire la synthèse entre le monde traditionnel et le monde moderne, ce que d’autres peuples (Japonais, Vietnamiens…) réussissent à faire, mais pas les Africains et surtout pas les Congolais. La pensée coloniale a joué un rôle important en matière de déstructuration, même s’il ne faut pas se focaliser sur sa seule responsabilité. Il est indispensable de connaître cette pensée coloniale pour mieux structurer la pensée congolaise actuelle et sa personnalité de base.


Le bassin du «village sénégalais», Exposition universelle de Liège, carte postale, héliotypie, 1905.

Dans un article publié en 2011  et republié en juillet 2020 (Et si le complexe d’infériorité de Sassou Nguesso est celui de toute une génération…), Mingwa BIANGO ouvre des pistes de réflexion sur la personnalité de base du Congolais. Je ne suis pas historien de formation, je m’en excuse auprès de ceux dont c’est le métier, en revanche ma formation à Sciences Po Paris m’autorise à donner une explication politique aux faits historiques.

Pourquoi avons-nous beaucoup de mal à organiser notre modèle politico-social tout en étant critique du modèle colonial ?

La plupart des intellectuels congolais critiquent de façon méthodique la colonisation française, Ils ont raison car, si on lit et on médite le livre de Marcel Homet « Le Congo terre de souffrance », (Edition Montaigne, Paris, 1917), on s’aperçoit que les questions d’esclavage, de colonisation, de discrimination et de racisme hantent les hommes politiques congolais et ses intellectuels, et ils n’arrivent pas à trouver la clef qui leur permet de passer au-delà des souffrances évoquées par Marcel Homet. Ces souffrances sont réelles et, sans être des excuses, elles nécessitent de passer par une psychiatrie collective menée par des hommes politiques capables et qui ne souffrent pas du syndrome de Stockholm. Pour cela, les Congolais doivent connaître un certain nombre de faits historiques qui ont structuré le moyen-Congo depuis la conférence de Berlin en 1885. La conquête de l’Afrique et du Moyen-Congo de 1885. Le monde occidental décide de se partager le monde africain. En 1886 les troupes indigènes coloniales françaises de l’AOF (Afrique occidentale française) envahissent le Moyen-Congo. Vous avez là, l’explication de certains noms à consonance ouest-africaine que portent certains de nos compatriotes congolais du nord. Leurs pères, soldats de l’armée coloniale, étaient ivoiriens, maliens, sénégalais ou béninois. 

L’objectif de l’armée coloniale était clair : soumettre les Congolais par d’autres Africains venus de l’ouest en poursuivant un objectif : celui du renforcement des compagnies concessionnaires de Mossendjo, de Ossele, de Pointe Noire, de Ouesso, de Dolisie et de Jacob. Les Congolais engagés dans l’armée coloniale avaient un statut supérieur aux autres indigènes. L’armée française a réussi à opposer les miliciens à sa solde aux autres populations congolaises, et à induire les confrontations clanico-tribales. Nous vivons depuis fort longtemps dans une mémoire enfouie sur ces séparations tribalo-claniques et paradoxalement collectives car l’armée française avait besoin de ces troupes indigènes au cours des première et seconde guerres mondiales.

Pour faire régner la paix et la terreur en même temps, la France a créé les Mboulous-Mboulous, miliciens à la solde de l’armée française pour terroriser les populations congolaises

Les Mboulous-Mboulous « force supplétive de l’armée coloniale », ont été créés pour faire régner l’ordre et la paix. L’armée coloniale fermait les yeux sur le pillage des biens, les passages à tabac, les viols des femmes et des jeunes filles et les incendies des villages. Assez paradoxalement, pour ne pas dire malheureusement, le Congo et ses politiques dans la période moderne n’ont retenu que les milices privées comme au bon vieux temps de la période coloniale pour déstructurer encore un peu plus la personnalité de base du Congolais.

Comment en sortir ? Il faut beaucoup d’imagination et de travail historique expliqué aux jeunes générations sur la nécessité du vivre ensemble. Pour cela, il faut s’appuyer sur des faits historiques, comme le fait l’historien Homet. Les historiens congolais ont une lourde responsabilité peut-être par peur ou par manque d’information ou par concussion avec le pouvoir en place. Il faut expliquer les fragilités de la personnalité de base du Congolais et revenir à des valeurs simples de tolérance, de partage, d’écoute et de paix entre les différentes communautés tribales congolaises. Est-il trop tard ? J’ose espérer que non et l’optimiste sempiternel que je suis, continue de penser que la restructuration de la personnalité de base du congolais est possible. Voilà le nouveau chemin à suivre par les citoyens congolais, quel que soit leur statut social. Il faut que la personnalité de base nouvelle du Congo prenne corps et s’enclore dans le nouvel espace congolais à construire.

Par Lucien PAMBOU

Diffusé le 4 juillet 200, par www.congo-liberty.com

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