Switzerland

Des rêves de grandeur qui partent en sucette

Âpre, tendu, magnifiquement mis en images, le deuxième volet de «Charlotte impératrice» tient toutes ses promesses.

«Charlotte impératrice», tome II. Extrait de la couverture.

«Charlotte impératrice», tome II. Extrait de la couverture.

Éd. Dargaud

Faste et décadence, illusion et désillusion au sommet de l’aristocratie: il y avait du Luchino Visconti dans le premier volet de «Charlotte impératrice». Deux ans plus tard, voici le deuxième volume de cette irrésistible descente aux enfers d’une tête couronnée, signée par le scénariste Fabien Nury, le dessinateur Matthieu Bonhomme et la coloriste Delphine Chedru. Sur fond d’épopée historique, les auteurs retrouvent avec bonheur leur héroïne toute en nuances et son conjoint, le très velléitaire archiduc Maximilien d’Autriche, proclamé empereur du Mexique en 1864.

Dans des cadrages toujours très cinématographiques, l’histoire bascule ici du côté du western à la Sam Peckinpah, au milieu de paysages à la fois crasseux et lumineux. Personnages secondaires à l’avenant, entre brutes galonnées, prélat corrompu et peones pris entre le marteau et l’enclume.

Tyran incompétent

Pour les rêves de grandeur, il va falloir repasser. Voyageant en terre mexicaine dans un carrosse doré aussi clinquant qu’ostentatoire, Charlotte et Maximilien découvrent la réalité désastreuse d’un pays étouffant entre la guérilla de Benito Juárez et l’occupation militaire française. Tyran incompétent, glandeur davantage porté sur les filles faciles que sur l’exercice d’un pouvoir qu’il délègue de fait à son épouse, le peu fringant Maximilien se met à dos les deux piliers de l’empire, à savoir le clergé et l’armée.

Oscillant entre la femme enfant humaniste et la femme publique investie de folles responsabilités, Charlotte, elle, conquiert le cœur du peuple, mais pas celui des caciques. Déterminée et parfois retorse en public, elle fait voter une loi instaurant notamment la suppression des peines corporelles. En privé, elle culpabilise à cause de rêves érotiques inavouables.

Chaud bouillant, la première page de l’album. Une scène d’ouverture qui préfigure les rêves inavouables de Charlotte.

Chaud bouillant, la première page de l’album. Une scène d’ouverture qui préfigure les rêves inavouables de Charlotte.

Éd. Dargaud

S’inspirant de faits réels, le récit tendu de Nury avance entre incidents authentiques, suppositions plausibles et pure fiction. Percutante, son écriture ne fait pas l’impasse sur des répliques d’auteur telles que: «Mon cher époux, il n’y a pas que le cœur des Mexicains que vous devez conquérir. Il y a aussi le mien.»

Soucieux de bien typer les attitudes de ses différents protagonistes, soignant les jeux de regards, Matthieu Bonhomme au dessin fait valoir son trait élégant, précédemment apprécié dans «Le marquis d’Anaon», «Messire Guillaume» ou «Texas Cowboys». Un tandem royal pour raconter une épopée impériale condamnée à partir en sucette. À suivre absolument

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