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Gianni Infantino: «Je suis un président serein»

Gianni Infantino est un homme stressé, mais heureux. À dix jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2018 en Russie, le président de la FIFA affiche sa sérénité. Il se réjouit surtout que le jeu domine les craintes de débordements. Mais avant, l’Italo-Suisse va jouer gros, avec une semaine de réunion ponctuée par un Congrès qui désignera qui du trio États-Unis/Canada/Mexique ou du Maroc va accueillir la Coupe du monde 2026. Une décision aux enjeux énormes.

À quelques jours du début de la Coupe du monde, votre première en tant que président de la FIFA, êtes-vous serein?

Je ne me fais aucun souci et je me réjouis de la fête. Il y a évidemment des défis, comme le combat contre le racisme ou l’utilisation, pour la première fois, de la vidéo (ndlr: Video Assistance Referee). Mais tout est prêt et l’événement s’annonce grandiose, avec des fans qui vont venir du monde entier. Il faut savoir que, après les Russes, ce sont les Américains qui ont acheté le plus de billets, suivis des Brésiliens, puis des Allemands. C’est très intéressant. Plus de la moitié des billets ont été vendus à l’étranger, alors qu’au départ, beaucoup pensaient que les fans ne se déplaceraient pas en Russie.

Ne craignez-vous pas des erreurs avec l’utilisation de la vidéo?

Il y a deux ans, j’étais, je l’avoue, très sceptique. Mais j’ai changé d’avis, car nous avons étudié son utilisation sur plus de 1000 matches officiels. Des faits sont apparus. Sans VAR, il y avait une faute d’arbitrage tous les trois matches. Avec, plus qu’une tous les 19 matches. Objectivement, c’est une aide à l’arbitrage. Tout ne va pas être réglé, mais l’on ne va certainement pas assister à des erreurs grossières, comme un hors-jeu de trois mètres ou un penalty sifflé en dehors des 16 mètres.

Et la fluidité du jeu dans tout cela?

C’était mon premier souci. Mais peut-être que nous avons une fausse impression de ce que la fluidité du jeu signifie. Nos études montrent, qu’en moyenne, il fallait une minute pour corriger une erreur. En comparaison, les remises en jeu font perdre 7 minutes et les coups francs 6 minutes par match. C’est donc une minute bien investie, particulièrement dans une Coupe du monde.

Beaucoup craignent des débordements, en particulier en termes de racisme. Vous aussi?

C’est un problème que l’on ne doit pas sous-estimer. Nous avons mis en place des procédures spécifiques, comme des observateurs qui vont rapporter les dérapages. Pour la première fois aussi, les arbitres auront la possibilité d’interrompre, voire de stopper un match en cas de débordement. Nous espérons que ce ne sera pas le cas. Mais si cela devait arriver, ce serait un message clair.

Et le hooliganisme?

Là également, je suis confiant vu le niveau de préparation. Celle-ci a été minutieuse et je tiens à remercier les autorités de tous les pays qui ont étroitement collaboré, en toute discrétion. Je sais que nous avons fait tout ce qui était possible. Ce sont des risques, mais je suis certain que, dès le premier coup d’envoi, l’attention va se focaliser sur Messi, Ronaldo, Neuer, Neymar ou Rodriguez qui vient de marquer contre l’Espagne.

Avant la compétition, le Congrès va désigner l’hôte de la Coupe du monde 2026. La campagne a été rude, avec beaucoup d’intox, jusqu’à la décision récente de la task-force de présenter les deux candidatures, celle du trio États-Unis/Canada/Mexique et celle du Maroc. Le regrettez-vous?

Notre travail est de faire en sorte que le processus de candidature soit correct. C’est ce que nous avons fait. Je pense qu’il a été transparent et qu’il peut servir d’exemple à beaucoup de sports dans le monde. Nous avons tenu compte de toutes les recommandations du rapport Garcia (ndlr: enquête sur les attributions des Mondiaux 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar). La fin du processus, ce sera le 13 juin par le vote du Congrès.

Mais vous avez été souvent critiqué, accusé de vouloir exclure le Maroc avant même le vote!

La réalité montre que le processus a été très clair depuis le début. Je sais de par mon expérience à l’UEFA que chaque candidature doit d’abord passer un examen technique. Il faut que l’on soit sûr que la compétition puisse réellement se tenir dans un pays. Sinon, c’est aussi nous que l’on va critiquer. Si nous ne le faisions pas, chacun pourrait présenter sa candidature devant le Congrès. Nous pourrions avoir en course des pays comme Andorre ou le Liechtenstein. Nous avons besoin d’un rapport réalisé par des professionnels qui disent si oui ou non, une candidature est éligible. C’est aussi le rôle du président de la FIFA de défendre la procédure en place. Après quand la campagne démarre, il est de bonne guerre de défendre ses positions.

N’était-ce pas une manière de vous mettre la pression?

Je ne ressens aucune pression et la task-force n’en a pas non plus ressenti. Les rumeurs qui affirmaient que la procédure n’était là que pour exclure le Maroc étaient simplement fausses. Nous devons suivre des règles. Sinon, un processus de candidature est inutile.

Vous mettez en avant les éléments techniques. Mais la politique est aussi entrée dans le jeu. Il y a, par exemple, eu la mise en garde de Donald Trump, le président américain, envers les pays que les États-Unis soutiennent économiquement. Ou alors les multiples visites du roi du Maroc partout autour de la planète. Comment voyez-vous cette intrusion?

Il faut faire la part des choses. Si nous ne sommes pas capables de résister à la pression, il faut changer de travail. Nous devons continuer de faire ce qui est juste. C’est pour cela qu’un rapport technique est nécessaire. Il se base sur des faits.

Néanmoins les pressions politiques sont une réalité. Comment pensez-vous que les fédérations nationales vont agir durant le Congrès?

J’espère qu’elles vont analyser le rapport et décider en fonction de ce qu’elles estiment bon pour le football. Je suis peut-être naïf. Mais je défends le système que nous avons mis en place. Ce que je dis à chacun, c’est «Lisez le rapport et décidez en fonction de ce que vous pensez bon pour le football et son développement». Dans le cas contraire, ce ne serait qu’une décision de géopolitique mondiale. Mais nous parlons de sport, de Coupe du monde, de joie. Nous ne devons pas nous prendre trop au sérieux. Évidemment certains utilisent le football pour d’autres intérêts, y compris politique. Mais cela fait partie de la vie, de la manière dont fonctionne le monde. On doit vivre avec la récupération du football, même si je ne suis pas d’accord.

Une Coupe du monde au Qatar à 48 est évoquée pour 2022 déjà. Est-ce réaliste

La demande est venue de la Conmebol (ndlr: Confédération sud-américaine) qui souhaitait plus de représentants. Nous en discutons. C’est ma manière de voir ma fonction. Lorsqu’une demande arrive, je ne peux pas simplement fermer la porte. Nous devons en parler, savoir si ce serait possible pour le Qatar ou non.

Mais y aurait-il suffisamment de stades pour 48 équipes?

Non, clairement. Il faudrait d’autres stades. C’est pour cela que je dis que ce n’est pas encore fait.

Quand est-ce que la décision sera prise?

Au plus tard au Congrès de 2019.

En même temps qu’une possible réélection. À ce propos, allez-vous briguer un nouveau mandat?

Je sais ce que je vais faire, mais je ne vais pas vous le dire maintenant.

En tant que président suisse, comment réagirez-vous si la Suisse marque un but contre le Brésil. Allez-vous jubiler ouvertement?

(Long silence) Je ne sais pas, je vais me laisser surprendre. Mais intérieurement, c’est certain que je serai heureux. (TDG)

Créé: 04.06.2018, 22h35

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