Cote d\'Ivoire
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AIP/ Avec le PND 2021-2025 la Côte d’Ivoire veut “aller encore plus loin dans l’inclusion sociale, accroître l’accessibilité des populations aux services sociaux de base” (Kaba Nialé)

Abidjan, juin 2022 (AIP)- La Côte d’Ivoire s’est dotée d’un Plan national de développement (PND) sur la période 2021-2025 évalué à 59 000 milliards de FCFA, dont environ 43 646,4 milliards de FCFA, soit 74%, doivent être financés par le secteur privé. En vue de capter les financements des partenaires institutionnels et privés, le Gouvernement organise, sous la Présidence du Chef de l’État, Alassane Ouattara, un Groupe Consultatif dont l’objectif est de mobiliser 9 335,6 milliards de F CFA, le 15 juin 2022, au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire. Organisé avec l’appui de la Banque mondiale, de l’Union européenne (UE), de la Banque africaine de Développement (BAD), la Banque Islamique de Développement (BID) et du Système des Nations Unies, ce Groupe Consultatif sur le Plan National de Développement (GCPND) 2021-2025 vise à partager avec tous les partenaires la vision de la Côte d’Ivoire contenue dans le PND 2021-2025. En prélude à la tenue de l’évènement, la ministre ivoirienne du Plan et du Développement, Nialé Kaba, a eu une rencontre d’échanges avec la presse nationale et internationale, vendredi 10 juin.

Madame la ministre, qu’est-ce qui soutient la croissance économique de la Côte d’Ivoire ? Et qu’est-ce qui a véritablement changé avec les précédents PND ?

Ministre : Depuis l’accession du président de la République, SEM Alassane Ouattara à la magistrature suprême en 2011, le pays a engagé beaucoup de reformes structurelles de grande ampleur avec l’objectif de créer un environnement socio politique stable, créer un cadre macro-économique solide et une inflation maitrisée

Lorsque l’Etat investit, il veille à son niveau d’endettement, donc un niveau d’endettement maitrisé. Dans ce cadre, l’Etat a réalisé des investissements de grande ampleur dans les secteurs socio-économiques, l’éducation, la santé l’électricité, l’eau potables, les routes, le transport, l’énergie etc.

Le taux d’investissement public est passé  entre 2012 et 2020 de 3% à 5,4%. En réalité, c’est en pourcentage du produit intérieur brut (PIB). Ces investissements ont des effets d’entrainement sur l’investissement privé et sur la consommation des ménages. Parallèlement aux différentes réformes, nous avons amélioré considérablement l’environnement des affaires.

Avec l’effet d’entrainement des investissements publics et l’impact sur la consommation des ménages, on s’est retrouvé avec un volume d’investissement privé qui s’est accru considérablement, et nous sommes passés en 2012 de 7,3% d’investissements publics à 17% en 2020. C’est des taux en pourcentage du PIB. Nous avons donc une économie dans ce cadre d’investissement qui a été portée essentiellement par les secteurs secondaires et tertiaires. En général lorsqu’on dit que la croissance est portée par le secteur tertiaire et secondaire, il ne faut pas oublier que nous sommes une économie essentiellement agricole.

Néanmoins, la dynamique de la croissance est portée par ces deux secteurs, et on voit le secteur secondaire prendre davantage d’importance dans la contribution au PIB, Aujourd’hui, on peut dire que les grands secteurs d’investissement dans notre pays sont l’agriculture à la fois vivrière et d’exportation, l’industrie manufacturière, où l’agro-industrie occupe une bonne place, le secteur des BTP, qui a été de fort investissement et une très grande place dans la croissance, l’énergie, le transport et le commerce, le secteur des télécommunications, avec la forte croissance de la téléphonie cellulaire. Aujourd’hui, c’est l’un des secteurs les plus créateurs de richesses de notre pays, le secteur du tourisme et l’effervescence qu’on notre dans le secteur des services financiers.

Comme vous le constatez, nous bâtissons nos PND autour des piliers qui sont définis par les priorités nationales. Au sortir de la crise post-électorale, les objectifs du PND qui a été élaboré pour la période 2012-2015, c’était de rétablir la sécurité et l’Etat de droit et la coopération internationale, consolider la paix et la réconciliation, relancer l’économie, car le pays avait subi 10 années de crise socio-économique, et restaurer l’image de la Côte d’Ivoire à l’international. Ce sont ces préoccupations qui ont été portées par le PND et mises en œuvre avec succès. Dans le prolongement de ce plan, il y a le second plan 2016-2020 qui a été élaboré avec l’objectif de renforcer les bases économiques, créer davantage de richesses, offrir aux populations des commodités de bien-être et tout cela avec un objectif d’émergence. Vous vous souvenez de l’objectif d’émergence à l’horizon 2020. Donc c’est à la fois la transformation sociale mais également la transformation économique avec davantage de résilience, la création de richesses.

Les piliers sont, mettre l’accent sur la qualité des institutions de la République et la gouvernance, accélérer le développement du capital humain et le bien-être social, accélérer la transformation structurelle de l’économie par l’industrialisation, le développement des infrastructures, le renforcement de l’intégration régionale. Evidemment, les bailleurs de fonds l’ont dit, la Côte d’Ivoire a présenté les caractéristiques d’une économie pré émergente déjà avant la crise post-électorale dans les années 2019 et 2020. Et à la suite de la forte croissance, on a eu 8% de croissance sur la période 2012-2019, Cela s’est poursuivi et a permis de fortement améliorer la résilience de l’économie. Bien sûr, il y a eu l’intermède de 2019 avec la crise post-électorale. Je crois que le pays a repris sa croissance, même si cette année, la crise russo-ukrainienne a constitué un véritable choc extérieur pour nos pays. On avait commencé la reprise en 2021 avec ce taux de 7% de croissance.

Alors en 2021 2025 ce PND s’inscrit dans le prolongement du PND 2016-2020 avec l’objectif d’aller plus loin dans la transformation sociale de notre économie, aller plus loin dans l’industrialisation, mettre l’accent sur une plus grande transformation locale de nos matières premières en donnant un rôle plus accru au secteur privé.

Ce PND est bâti dans le cadre du programme « Côte d’Ivoire solidaire », donc aller encore plus loin dans l’inclusion sociale, accroître l’accessibilité des populations aux services sociaux de base, l’eau (il y a des secteurs où les taux d’accès sont l’électricité, la santé, etc). Il s’agit des secteurs où les taux d’accès des populations sont assez élevés. Il s’agit de voir comment on peut aller encore plus loin. Il y a certains secteurs où on a des taux d’accès de 80-. Il s’agit de parachever le travail entre 2025 et 2030 selon les secteurs pour que tout le monde ait l’eau potable, l’électricité, l’école, la santé ainsi que les services de sécurité sociale pour le plus grand nombre. Dans la mise en œuvre de ce PND, il y a le Psgouv 2022-2024 d’un montant de 3477 milliards FCFA, et pour l’année 2022, le Psgouv, c’est 925 milliards FCFA. Donc, c’est un instrument d’accélérateur d’accès aux services sociaux de base puisqu’on va viser des objectifs précis avec des mécanismes de mise en œuvre accélérés pour permettre aux populations de bénéficier de services sociaux visés. Qu’est-ce qui a changé par rapport aux PND précédents ? J’ai parlé d’industrialisation, d’aller plus loin dans l’inclusion et parachever l’objectif de permettre à davantage d’Ivoirien d’accéder aux services sociaux de base. Mais il y a enfin cadre de gouvernance institutionnelle et économique qui est plus robuste. Je voudrais ajouter à cela davantage de digitalisation qui est un élément de renforcement de la gouvernance.

Toute cette stratégie à travers les PND a permis à la Côte d’Ivoire de battre des records de croissance. Comment a évolué le PIB par tête d’habitant sur la période ? Est-ce que réellement la pauvreté a diminué, sinon qu’est-ce qui fait que la pauvreté résiste aux PND ?

Ministre : Dans la théorie, on estime que la croissance de nos pays a tendance à générer moins d’inclusion, mais si nous nous référons aux chiffres et aux faits, le revenu par tête en ci a doublé entre 2012 et 2020. Il est passé d’un peu moins de 1200 dollars à un peu plus de 2200 dollars par tête. En terme de taux de pauvreté, le taux est passé de 55% en 2011 à 39,4% en 2018. Bien sûr, le gouvernement aurait souhaité aller plus loin dans la réduction de la pauvreté pour permettre à davantage de population vivant sur notre territoire de sortir de la pauvreté, mais cela est inscrit dans les objectifs des PND en cours. Le programme Côte d’Ivoire solidaire a pour ambition à l’horizon 2030 de doubler le revenu par tête d’habitant et de faire passer le taux de pauvreté de 39,4% à moins de 30%. Il s’agit d’objectif quantitatif. Notre croissance a généré de la richesse partagée, ça permis de réduire la proportion de pauvre. Le gouvernement aurait souhaité aller plus loin, je pense que ce volontarisme dans la redistribution des fruits de la croissance, à travers les programmes sociaux, les programmes de transferts monétaires, tous les éléments de sécurité sociale, tout ça a pour objectif de mieux partager les fruits de la croissance et de réduire le taux de pauvreté.

Quelle est la part de l’industrie dans la croissance économique du pays ?

Ministre : Les secteurs ont pris du volume. Le secteur primaire a eu tendance à diminuer au profit des deux secteurs, secondaire et tertiaire. Le secteur secondaire devrait être autour de 20 % et le tertiaire autour de 40%. C’est le secteur qui a le plus grandi à cause des télécommunications. Les sociétés de téléphonie génèrent beaucoup d’argent en terme de leur contribution au PIB, car leur part à la création de la richesse a tendance à augmenter. On veut aller plus loin. Effectivement les marges sont importantes parce que la transformation locale de nos matières premières est très faible. Le taux de transformation du cacao est de 30%, celui du cajou en dessous de 15%, le caoutchouc en dessous de 10%. Nous avons beaucoup de produits que nous exportons de façon brute ? et avec une transformation, même si c’est une première transformation locale on pourrait augmenter considérablement la part du secteur secondaire dans la création de la richesse.

Dans les deux prochaines années, sur quoi sera l’accent au niveau du PND ?

Ministre : Le plan national de développement est d’application sur une période de cinq ans. Nous sommes en 2022. Les deux prochaines années, c’est vraiment poursuivre la mise en oeuvre du programme qui a été élaboré. C’est un plan national de développement sur plusieurs piliers : la transformation structurelle de l’économie qui s’appuie sur l’industrialisation. Je pense que la promotion de notre secteur industriel, c’est maintenant. Il faut continuer d’attirer les investissements privés en offrant le cadre institutionnel, le Doing Business, donner à la fois les infrastructures adéquates, les zones industrielles, une énergie de qualité et suffisante, il faut des routes pour pouvoir assurer la connectivité, offrir un capital humain de qualité et adapté à la demande du marché de travail. L’Etat est au travail dans les secteurs de l’éducation et de l’investissement. Il faut que les entreprises trouvent le cadre adéquat pour pouvoir s’installer et investir ; nous allons continuer de travailler pour faire du secteur secondaire le moteur de la croissance économique. Nous allons continuer de travailler sur les infrastructures, la connectivité. La Côte d’Ivoire a un réseau assez dense et développé. Il faut continuer à travailler parce que tout le territoire doit être maillé pour permettre à nos paysans de sortir les produits pour aller vers les marchés, permettre aux populations de se déplacer aisément.

Il y a de cela quelques jours, vous avez parlé de l’émergence d’une classe moyenne.  Comment elle se manifeste ? Quel est son impact sur l’économie ? Peut-on avoir une idée de la population de cette classe moyenne ?

Ministre : La classe moyenne est importante dans une économie comme la nôtre. Elle se caractérise par le fait qu’elle a du poids d’achat pour pouvoir adresser une demande du secteur productif local. Cette classe moyenne a tendance à se développer. La Côte d’Ivoire avait une classe de riches et une classe de pauvres, mais maintenant, cette classe a tendance à grossir. Les études les plus récentes estiment la classe moyenne à 30% de la population. Je pense personnellement qu’elle pourrait être dans une fourchette peut-être, au-delà mais avec des bornes fragiles, c’est-à-dire qu’il y a des individus qui vont et qui sortent dans la classe moyenne selon des situations instables, et vous avez une base de la classe qui est stable qui doit être autour de 30%. Autour de ces 30% naviguent un certain nombre d’individus qui ont besoin de stabiliser leur situation sociale. L’existence d’une base de classe sociale moyenne importante est un critère pour assurer l’émergence, parce qu’elle permet de soutenir le secteur productif local à travers la demande qu’elle lui adresse, que ce soit les produits manufacturés, les services de transport et de tourisme. Elle a les moyens d’aller à Assinie ou à Grand Bassam. La classe moyenne constitue un marché local pour notre secteur local

Quels sont les acquis des PND précédents 2012-2015 et 2016-2020 ?

Ministre : Le 1er PND avait des objectifs de paix, sécurité. Je pense que sur ce plan là nous sommes un peu loin maintenant. Il a permis de sortir de la crise, de ramener la paix et l’Etat de droit dans le pays, les préoccupations sécuritaires ont pu être maitrisées. Aujourd’hui, on a à Abidjan le niveau de sécurité d’une grande ville ordinaire dans n’importe quel pays. On a également la croissance. Depuis que nous sommes arrivés, beaucoup de réformes ont été engagées, des réformes à caractère économique, en terme d’investissement et d’attractivité du secteur privé, et tout cela a permis de donner ce taux de croissance de 8% qui a permis de créer de la richesse nécessaire qui a été redistribuée. Si de façon stricte, on veut regarder un certain nombre d’indicateurs sur le taux, il a baissé. Il a été de 30,4% en 2018.

Vous noterez que quand on a mesuré le taux de pauvreté en 2018, on n’avait pas encore eu le Psgouv, donc il n’intègre pas la mise en œuvre du Psgouv. Ensuite vous avez tous ces taux d’accès. En 2021, le taux de couverture de l’électricité est 80% sur le territoire national, c’est beaucoup, l’eau potable, c’est 90%, c’est élevé et c’est plus de 10 mille milliards FCFA  qui ont été distribués en terme monétaire aux paysans. Pour les transferts monétaires on est en train de tutoyer les 300 mille ménages. Il faut multiplier par cinq personnes en moyenne par ménages, vous voyez combien de personnes bénéficient de revenus réguliers de la part de l’Etat pour faire face aux préoccupations quotidiennes. Au titre des acquis, il faut rappeler toutes ces salles de classes et centres de santé, parce que c’était ça aussi l’engagement du président de la République de faire en sorte que l’école et la santé se rapprochent de plus en plus des populations

Le 15 juin, il y a la mobilisation des ressources avec les partenaires. Cet appel à la mobilisation des ressources ne va-t-il endetter davantage le pays ?

Ministre : C’est une préoccupation qui revient souvent dans les préoccupations qui nous sont posées. Il faut savoir qu’il y a quand même un dispositif de contrôle du niveau d’endettement des pays. Il y a ce qu’on appelle une analyse  de la viabilité  de notre dette qui permet d’apprécier la capacité de l’Etat à faire face aux engagements qui vont être générés par la dette. A fin 2020, on avait un niveau d’endettement qui était de 47,6% du PIB, et la norme sous régionale, c’est 70%. Lorsqu’on regarde les ratios, vous pouvez être solvables sans être liquides, Donc on regarde à la fois la solvabilité et la liquidité. La Côte d’Ivoire  présentait un risque de surendettement qui est vraiment modéré.

C’est des indicateurs qui sont suivis de façon périodique pour s’assurer que le pays ne dépasse pas le seuil qui le met en situation de risque. Je voudrais vous rassurer sur cette question et vous dire qu’en réalité, les investissements qui sont faits lorsque le pays s’endette, il investit. Lorsque l’investissement est judicieux, il accroit sa capacité à faire face à sa dette, puisqu’il crée de la richesse qui lui permet de répondre et faire face aux charges de la dette. Donc les investissements qui sont faits sont à bon escient, ils sont assez judicieux, et chaque fois que le PIB croit, la capacité de faire face à la dette augmente.

Vous avez annoncé de bonnes choses, mais est-ce que le contexte international, notamment la crise ukrainienne, ne peut-elle pas avoir un impact sur les objectifs visés ?

Ministre : Cette crise est un choc extérieur qui a pour impact de faire augmenter et le prix du pétrole et les taux d’intérêt de la dette, les prix des intrants. Nous sommes un pays agricole, ,, etc, on note même de façon générale une petite inflation mondiale, elle va certainement avoir un impact sur notre économie, mais elle va constituer une opportunité pour notre économie pour qu’on puisse réfléchir sur notre production, nous qui sommes un pays producteur de produits d’exportation, voir comment on peut se réorganiser pour améliorer notre sécurité et notre souveraineté alimentaires. Au-delà de cela, par rapport à l’événement que nous allons avoir le 15 juin, nous espérons que la crise n’impacte pas négativement, bien au contraire parce qu’il faut savoir que le groupe consultatif, c’est d’abord la rencontre entre l’Etat et  ses bailleurs institutionnels qui ont pour missions et pour objectifs d’aider la Côte d’Ivoire à se développer, à juguler ces préoccupations conjoncturelles et de long terme. Donc, c’est quelque chose qui sera certainement intégré, et nous pensons que ça ne devrait pas négativement influencer la mobilisation des uns et des autres, et que si ça devrait l’être, que ce soit à la hausse, parce que la Côte d’Ivoire sort d’une crise dont elle n’a pas encore fini de mesurer les effets.

Le PND 201-2025 ambitionne de lever les obstacles résiduels à la transformation économique et sociale pour hisser la Côte d’Ivoire à l’horizon 2030 au rang des pays à revenus intermédiaire de la tranche supérieure. De quelles natures sont ces obstacles ?

Ministre : Nous sommes un pays en marche vers la transformation structurelle de son économie. La transformation à laquelle nous aspirons, c’est l’industrialisation. Les obstacles résiduels, c’est tous les obstacles qu’ils faut encore lever pour avoir une économie compétitive, plus attractive. Ces obstacles sont de natures diverses, d’abord infrastructurel, c’est-à-dire des zones industrielles pour accueilli des investisseurs. Pour un pays comme la Côte d’Ivoire, il faut régler les questions du foncier, car le foncier est toujours une grosse contrainte en matière de développement. Si quelqu’un vous dit qu’il veut venir pour faire des milliers d’hectares de maïs, il faut avoir le terrain. Il faut également regarder le système financier.

C’est extrêmement important que les opérateurs privés puissent accéder aux Quels financements. En général, c’est une grosse contrainte dans nos pays. Lorsqu’on regarde le crédit dans les banques, on constate que la part des financements longs est faible et les taux sont élevés au regard de ce qu’ils appellent les risques liés à l’investissement. Il ya l’innovation technologique. Il faut innover, mais il faut acheter les brevets. On a besoin d’encadrer les opérateurs privés pour pouvoir accéder au marché, fournir les infrastructures adéquates à des coûts maitrisés, la qualité de la main d’œuvre.

 Quels sont les secteurs à prioriser si la mobilisation des ressources est effective ?

Ministre : Il faut dire que la part que nous voulons mobiliser pour l’Etat, c’est les infrastructures, l’investissement public. Nous sommes dans la Côte d’Ivoire solidaire. C’est important que nous puissions offrir la santé, l’eau potable aux populations, également que la connectivité entre toutes les régions puisse se faire avec des infrastructures de transport adéquates, le développement de l’agro-industrie et des chaînes de valeurs avec les investissements que l’Etat ambitionne dans la création des agropoles.  Il est important que tout cela puisse être correctement financé. Au-delà du secteur public, nous espérons fortement que les opérateurs privés puissent saisir les opportunités d’investissement dans le secteur agro-industriel, la transformation locale.

Bien sûr, nous avons ces grosses préoccupations émergentes et de souveraineté alimentaire avec des projets dans l’agriculture vivrière, des ressources animales et halieutiques, car la Côte d’Ivoire est fortement dépendante des importations. Il y a un certain nombre de projets d’envergure et nous espérons que les investisseurs vont être intéressés à cela. Dans le secteur de l’industrie, il y a sept grappes, l’agro-industrie, la chimie, la construction, etc qui ont été définies en fonction de notre potentiel. Nous espérons que les investisseurs qui vont se déplacer vont y avoir un intérêt..

(AIP)

Interview réalisée par AIP/AFP/Financial Afrik et Reuters

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