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France

Jeanne Added, Yan Wagner, Raphael: une avalanche de reprises de Leonard Cohen à Bourges

Chaque année, le Printemps de Bourges met à l'honneur un répertoire ou une thématique dans le cadre de créations originales. La chanteuse Barbara, dont on célébrait les dix ans de la disparition en 2017, avait été mise à l'honneur l'an passé. C'est à Leonard Cohen, disparu en 2016, que le festival a choisi de rendre hommage cette année.

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Leonard Cohen était à l'honneur dans la cathédrale de Bourges.
Leonard Cohen était à l'honneur dans la cathédrale de Bourges. GUILLAUME SOUVANT/AFP

Pour ce faire, les organisateurs ont contacté Henk Hofstede, leader du groupe pop néerlandais The Nits, amateur déclaré de Cohen. Et c'est au sein de la superbe cathédrale de la ville que les chansons en or de ce maître ont résonné toute la soirée du vendredi 27 avril.

C'est autour du quartet Avalanche, qui se consacre exclusivement au répertoire du natif de Montréal que les intervenants se sont succédés, dans une belle harmonie. Orchestre paritaire formé par Henk Hofstede, l'Avalanche Quarter comprend deux hommes (guitare, claviers) et deux femmes (guitare, contrebasse). «Il est encore plus difficile de parler français dans une cathédrale» confie le Néerlandais au moment de présenter le principe de la soirée. «Nous allons jouer les chansons de Leonard Cohen avec beaucoup d'invités et beaucoup de cordes. Leonard était un homme avec une voix de cathédrale», précise-t-il.

Hofstede s'acquitte avec beaucoup de pudeur de l'interprétation des trois premiers titres, avec un timbre rappelant le Cohen des deux premiers albums, Songs of Leonard Cohen et Songs From A Room, celui de la fin des années 1960. C'est frappant sur Sisters of Mercy, découverte par l'élève dans une compilation des disques Columbia. Premier intervenant de la soirée, Raphael livre une belle version de cette «chanson céleste et profane» qu'est Chelsea Hotel, qui raconte la brève aventure entre Cohen et Janis Joplin dans le fameux hôtel new-yorkais, sans jamais essayer d'être dans les pas du maître.

Massif et imposant, en lunettes noires, Rover trouve des accents d'Elvis sur le blues Ain't No Cure For Love, qu'il incarne à la manière d'un prêcheur du sud de l'Amérique. Mais la véritable perle de cette première partie de soirée un peu plate, ce sera la relecture d'I'm Your Man par la frêle Jeanne Added, qui y injecte une sensibilité nouvelle en l'interprétant avec une justesse et une classe folles. Sur Stories of the Street, Yan Wagner, costume chic et belle voix grave, évoque une manière de Nick Cave. Minimalistes, les arrangements arborent volontiers des couleurs fado (The Window) ou flamenco (Lover Lover) dans les chansons incarnées par Henk Hofstede.

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Dirigées par Uele Lamore, les cordes feront décoller la deuxième partie du concert. Au piano, Hofstede reprend Famous Blue Raincoat, un standard de Cohen, avant de céder le micro à Rosemary Standley. Interprète majuscule, la Franco-Américaine enchante Blesse dis The Memory, soutenue par le violoncelle de la Brésilienne Dom La Nena. À deux seulement, elles sont bouleversantes sur Hey That's No Way to Say Goodbye.

De nombreux artistes ont rendu hommage au chanteur canadien.
De nombreux artistes ont rendu hommage au chanteur canadien. GUILLAUME SOUVANT/AFP

À bonne distance entre respect et liberté d'appropriation, la soirée trouve sa vitesse de croisière dans cette deuxième partie, plus assurée et variée que la première. Henk Hofstede raconte sa visite dans la chambre de Cohen à Hydra, en Grèce, avant de chanter Bird on A Wire tout en délicatesse, ponctué par une virgule finale à la guimbarde. C'est dans un climat un peu gitan que Raphael, assis avec sa guitare nylon revisite Stranger Song. Sobre et élégant, Yan Wagner chante le premier tube du répertoire, Suzanne, avec des inflexions très chic. Plus fiévreux, Rover a le bon goût d'avoir choisi un extrait du dernier album de Cohen, le sublime Steer Your Way.

La reprise de The Partisan par Jeanne Added touche au divin quand Night Comes On, extrait du mal aimé Various Positions, fait office de redécouverte. Dance Me To The End of Love prend des accents de musique klezmer dans son évocation voilée de l'holocauste.

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En rappel, et parce qu'elle est devenue la composition la plus reprise de Cohen depuis la version qu'en donna Jeff Buckley en 1994, Jeanne Added et Henk Hofstede se partagent Hallelujah , nouveau standard mondial depuis une quinzaine d'années. Tous les intervenants reviennent pour So Long Marianne, qui clôture idéalement plus de deux heures de musique de haute volée.

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