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France

Le Document sur la fraternité du pape François et de l’imam d’Al Azhar

Le Document sur la fraternité humaine signé le 4 février par le pape François et par cheikh Ahmed al-Tayyeb, grand imam de la mosquée Al-Azhar, au cours du voyage du pape aux Émirats arabes unis, est « un événement sans précédent, sur le plan institutionnel, dans l’histoire des relations entre chrétiens et musulmans ».

Dans un texte d’une quinzaine de pages, intitulé « La Fraternité pour la connaissance et la coopération », 22 intellectuels et responsables musulmans saluent la publication de ce texte commun qu’ils voient comme le signe « qu’une nouvelle phase est en train de s’ouvrir, sous différents aspects, dans les relations entre nos deux religions ».

« Cette phase semble s’orienter vers la reconnaissance de la légitimité et de la diversité providentielles des Révélations, des théologies, des religions, des langages et des communautés religieuses », écrivent-ils. « Les diversités ne sont plus envisagées comme un appel à la conquête ou au prosélytisme, ou un prétexte pour une simple tolérance de façade, mais bien plutôt comme une opportunité pour exercer et mettre en pratique la fraternité qui est “une vocation contenue dans le plan de Dieu pour la création”, tel que l’affirme le Document lui-même. »

Une reconnaissance de l’autre est nécessaire

Par conséquent et par « respect pour la pluralité religieuse », une « reconnaissance de l’autre est nécessaire », affirment également les signataires. Une reconnaissance qui ne soit « ni une uniformité forcée ni un syncrétisme conciliant », mais « un avertissement face au risque de placer un groupe contre l’autre ou à la place de l’autre ».

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Parmi les signataires figurent plusieurs responsables soufis - l’Italien Yahya Pallavicini, « l’un des promoteurs de cette initiative », comme l’affirme un de ses proches italiens, le Sénégalais Cheikh Ahmed Tidiane Sy - mais aussi des personnalités engagées de longue date dans le dialogue islamo-chrétien comme l’Algérien Mustafa Cherif et le Libanais Mohammed Sammak.

Ils ont été rejoints par les muftis de Bosnie et de Slovénie, le grand imam de la mosquée de Lahore au Pakistan, un membre du Kaiciid, organisme saoudien engagé dans le dialogue interreligieux et basé à Vienne (Autriche), ainsi que plusieurs représentants d’organisations émiriennes. Des chiites ont également signé le texte, dont l’Irakien Jawad al-Khoei, de même que deux universitaires nord-américains : Yousef Casewit, professeur assistant d’études coraniques à l’Université de Washington, et Ilyas Islam John Andrew Morrow, enseignant au Canada.

Le dialogue interreligieux est recommandé par le Coran

Publié sur un site Internet créé pour l’occasion, leur texte rappelle quelques-unes des étapes - côté catholique - du dialogue islamo-chrétien, comme la déclaration Nostra aetate du concile Vatican II, la visite de Jean-Paul II au Maroc ou la rencontre d’Assise en 1986. « Depuis lors, commença à émerger l’idée que le concept chrétien de Dieu, dans son essence même, n’est pas foncièrement contraire à la vision islamique, bien qu’il se présente formellement de façon différente », écrivent-ils.

Côté musulman, d’autres initiatives ont été prises, comme le document « Une parole commune » écrit par 138 érudits musulmans en réponse aux propos de Benoît XVI à Ratisbonne, puis le lancement par l’Arabie saoudite du Kaiciid à Vienne en 2012.

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« Le dialogue interreligieux est recommandé par le Coran qui appelle à le mettre en pratique “de la meilleure manière”, et de nos jours, il est vital », affirment les auteurs, qui mettent toutefois en garde contre la tentation de « comprendre ou de pratiquer » les valeurs de « fraternité, miséricorde et spiritualité (...) de façon excessivement sentimentale ou émotionnelle ».

Mais, pour l’essentiel, ces responsables musulmans de divers pays et courants tiennent à exprimer leur « grande satisfaction » et leur espoir que ce texte constitue un « point de départ (autant qu’un point de non-retour) ». « Nous espérons que, à travers cette rencontre et ce document, la communauté musulmane de par le monde trouvera une nouvelle impulsion et une nouvelle inspiration en faveur du dialogue interne, pour faire à nouveau de sa naturelle “unité dans la diversité” une valeur commune en partage », concluent-ils.

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