France

Quand Ursula von der Leyen reprend les mots de Big Pharma

Ni vu ni connu, Ursula von der Leyen embrouille. Mercredi, lors d’une séance plénière du Parlement européen consacrée à la stratégie vaccinale sur le continent, la présidente de la Commission a parié sur l’édification pour tenter de faire oublier son fiasco sur les retards multiples de livraison des sérums. « Dans un vaccin, il peut y avoir jusqu’à 400 composants produits par une centaine d’entreprises différentes ! » lance-t-elle. Elle reprend ensuite, mot pour mot, un exemple donné dans le Spiegel, ces derniers jours, par l’un des dirigeants de la start-up allemande BioNTech (lire l’encadré) : « L’un des goulots d’étranglement dans la production aujourd’hui tient dans l’accès à deux molécules synthétiques, ânonne-t-elle. Si nous avions juste 250 grammes de plus de ces molécules, les entreprises nous disent qu’elles pourraient produire un million de doses supplémentaires du vaccin. »

Le refrain des « partenariats public-privé »

Derrière ces effets de manches – spectaculaires mais dénués de sens réel –, Ursula von der Leyen maintient le cap sur le fond : pas touche aux monopoles de Big Pharma, même quand ils ne respectent pas leurs engagements en matière de fourniture de vaccin aux pays européens… Elle est prête à faire amende honorable : « Des erreurs ont été faites, je les regrette. Nous avons sous-estimé les difficultés liées à la production de masse. » Mais tout ce qu’elle propose, c’est son mécanisme de contrôle sur les exportations de vaccins fabriqués dans l’Union européenne, avec les dangers qu’il contient à la fois à la frontière ­irlandaise – avec le risque de réveil du conflit entre unionistes et républicains – et en matière d’accès aux vaccins pour les pays les moins riches… Elle y ajoute le refrain des « partenariats public-privé » avec une « task-force sous l’autorité de Thierry Breton », le commissaire français au Marché unique. Une manière d’essayer de décliner, à l’échelle de l’Europe, l’agence gouvernementale en place aux États-Unis (Barda), qui a massivement financé Big Pharma dans la course aux vaccins, mais sans rien imposer en ­retour, une fois de plus…

Des élus de gauche réclament une commission d’enquête

Parmi les eurodéputés, la colère pointe, mais là aussi, elle ne se fixe pas forcément sur les meilleurs objets, même si, au fil d’un débat de plus de trois heures, pas mal de parlementaires, y compris de droite, se mettent à évoquer des instruments, comme les licences ­d’office ou obligatoires (lire notre entretien en page 6), pour défaire un peu l’empire des brevets. Globalement, toutefois, les groupes politiques de la grande coalition – conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux – ne proposent pas de rupture dans l’approche européenne.

Chef de file de la droite, l’Allemand Manfred Weber agite la ­menace, tout en appelant à une coordination avec Joe Biden et Boris Johnson pour ne « pas rompre les chaînes de production » : « Si les Britanniques ne veulent pas nous donner d’AstraZeneca, pourquoi devrions-nous leur donner du Pfizer-BioNtech ? » La socialiste espagnole Iratxe Garcia Pérez appelle à « renforcer des consortiums pour accélérer la production ». Seul le groupe de la Gauche unie européenne (GUE-NGL) y va franco, en réclamant la « création immédiate d’une commission d’enquête sur la responsabilité de ce désastre ». « Sortons la santé du marché et considérons enfin les vaccins comme des biens communs de l’humanité, pas la machine à cash de quelques actionnaires », interpelle sa coprésidente Manon Aubry. T. L.

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