Gabon
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Accueil des réfugiés : «Le Gabon n’a plus à revendiquer son statut de terre d’asile», assure Évelyne Otsobogo

Ce mardi 20 juin est célébrée la Journée mondiale des réfugiés. À l’occasion d’une conférence y relative le 19 juin à l’Université Omar Bongo, l’ambassadeur itinérant chargé de la Commission nationale des réfugiés (CNR) au Gabon a assuré que le pays «n’a plus à revendiquer son statut de terre d’asile». Alors que le bureau du HCR ferme physiquement ses portes dans le pays après 24 ans d’exercice en continu, Evelyne Otsobogo assure que la CNR restera le bras séculier du gouvernement en matière d’asile.

Vue des officiels dont Evelyne Otsobogo le 19 juin à l’UOB. © Gabonreview

Chaque année le 20 juin est célébrée la journée mondiale des réfugiés pour rendre hommage à ceux qui ont été obligés de fuir. Autour du thème «De l’espoir loin de chez soi. Pour un monde où les réfugiés auront toujours leur place», cette année 2023, a indiqué Marius Kevin Ndzengue, le chargé du Bureau Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), elle  met l’accent sur la recherche de solutions en faveur des réfugiés et sur l’importance de l’inclusion en cette année qui marque le retrait physique du HCR au Gabon. Au cours de la rencontre organisée l’Université Omar Bongo (UOB), l’ambassadeur itinérant chargé de la Commission nationale des réfugiés (CNR) a souligné, «le HCR ferme son bureau après 24 années de présence continue dans notre pays».

Des participants à la rencontre de l’UOB. © Gabonreview

La CNR restera le bras séculier du gouvernement

Selon Evelyne Otsobogo, durant toutes ces années le HCR a été un partenaire technique essentiel aussi bien dans la mise en œuvre des politiques d’asile que dans l’accompagnement des réfugiés dans le pays. «Nonobstant cette fermeture physique due à la diminution du nombre de réfugiés, des demandeurs d’asile, notre partenariat se poursuivra», a rassuré l’ambassadeur qui aurait souhaité qu’au moment où le HCR quitte le Gabon, l’Afrique centrale parvienne à la cessation du statut de réfugié. «Ce qui autrement signifierait qu’il n’y a plus de réfugiés dans notre sous-région», a-t-elle expliqué. «Cela est loin d’être le cas. Les conflits qui se déroulent encore dans notre espace appellent à la vigilance et obligent notre pays à toujours demeurer ce havre de paix», a-t-elle poursuivi.

Le thème de cette année, ont estimé les représentants du HCR et de la CNR, est une invite aux États à œuvrer davantage pour une meilleure intégration des réfugiés. «C’est pour cette raison que malgré le départ du HCR, la Commission nationale pour les réfugiés restera le bras séculier du gouvernement en matière d’asile», a déclaré Evelyne Otsobogo. «Le Gabon n’a plus à revendiquer son statut de terre d’asile», a-t-elle soutenu soulignant qu’en un peu plus de deux décennies, le pays a confirmé sa capacité à manifester son hospitalité aux personnes en détresse qui ont sollicité sa protection conformément aux conventions internationales et à sa législation nationale.

Des participants à la rencontre de l’UOB. © Gabonreview

Quelque 300 réfugiés au Gabon

Selon Marius Kevin Ndzengue, en matière d’accueil des réfugiés, le Gabon est un modèle au niveau de la région Afrique centrale. Au-delà du cadre légal, le pays a su développer les outils qui permettent une prise en charge et une véritable inclusion de ces personnes dans le tissu gabonais. Outre la carte d’identité du réfugié, le pays a permis aux réfugiés de disposer des passeports biométriques. Ce qui leur offre des perspectives de pouvoir se déplacer. «Et le Gabon est le seul pays à l’avoir fait», a-t-il laissé entendre. Ce passeport, a-t-il fait observer, est le meilleur moyen de les préparer à rentrer chez eux et à reconstruire leurs pays ou à s’épanouir, s’ils sont installés dans d’autres pays.

À ce jour, le Gabon compte quelques 300 réfugiés avec pour principaux foyers d’accueil, les provinces du Ogooué-Ivindo et du Haut-Ogooué. «Les réfugiés ne sont plus nombreux parce que la plupart sont repartis dans leurs pays d’origine, d’autres ont acquis la nationalité gabonaise. Nous n’avons plus beaucoup de réfugiés au Gabon», a déclaré Evelyne Otsobogo. Pour le chargé du Bureau du HCR, leur intégration au sein des communautés, le témoignage de la solidarité et les solutions envisagées sont les moyens de leur redonner espoir. «Bien plus qu’un vœu pieux, l’espoir matérialise un désir d’avenir qui s’enracine dans l’action. Nous donnons de l’espoir aux réfugiés lorsque nous nous assurons qu’ils disposent d’outils qui leur permettent de prendre en main leur destin», a déclaré Marius Kevin Ndzengue.