Guinea
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

Procès du 28 septembre: une victime raconte comment des militaires ont déchiré le pantalon d’une femme

Mamadou Bailo Sow, victime de violences inouïes lors des manifestations au stade de Dixinn, a témoigné ce mardi 25 juillet 2023 devant le tribunal criminel de Dixinn. Né en 1988 à Dabola, Mamadou Bailo Sow se souvient d’un temps où il admirait Dadis Camara, le président de l’époque. Cependant, cette admiration a rapidement cédé la place à l’horreur lorsque les événements ont pris une tournure dramatique au stade de Dixinn.

Devant le tribunal, Mamadou Bailo Sow relate le moment où tout a basculé pour lui. Voulant fuir, il a tenté de monter dans un manguier. Malheureusement, il a été pris pour cible par un béret rouge, qui l’a tiré le pied. La violence de l’attaque a été extrême, avec des coups à la tête et des injures proférées à son encontre.

Mamadou Bailo Sow explique qu’il a été témoin d’actes ignobles commis par ces forces de sécurité. Des femmes auraient été violées dans le couloir où il a été battu. Son récit poignant décrit une scène particulièrement choquante où une femme a été violemment agressée, son jean bleu déchiré à l’aide d’un couteau. Cette femme, dit-il, criait pour demander de l’aide: 《Là où j’étais couché, c’est là-bas ils violaient les femmes. C’est dans ce couloir qu’ils les violaient. J’ai vu une grosse dame qui portait un jean bleu. C’est le couteau qu’ils ont utilisé pour déchirer son pantalon. J’ai entendu la femme crier: « woy neenan jaara ».》

Selon Bailo Sow, le militaire qui le battait a cru qu’il était mort et l’a abandonné. C’est ainsi que d’autres manifestants sont venus le prendre pour le faire sortir. Pensant que cela leur permettrait eux aussi de se sauver.  C’est pendant qu’ils le portaient, un d’entre eux a reçu une balle dans la tête. Le sang de celui-ci est tombé sur lui. Mais les trois autres qui le tenaient ont continué leur sauvetage. Les tirs devenant plus intenses, ils l’ont abandonné au niveau de la mairie de Dixinn. C’est là que des éboueurs l’ont trouvé et l’ont mis dans leur charrette.

Le récit continue avec l’intervention d’un autre groupe de manifestants qui ont tenté de lui venir en aide. Ils ont cherché à contacter son frère pour obtenir de l’aide, mais les tirs ont repris et ont contraint ce groupe à s’enfuir, laissant Mamadou Bailo Sow une nouvelle fois dans une situation désespérée. Finalement, Mamadou Bailo Sow a été conduit à la clinique du Dr Sow.

Au-delà de son témoignage, Mamadou Bailo Sow exprime ses sentiments envers Dadis Camara, soulignant comment son admiration pour le président s’est transformée en peur et en rejet face à la violence de la répression.