Guinea
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Ukraine-Vivre le chaos de la guerre en hiver sans électricité : Le récit bouleversant d'Issa Sadio Diallo...

KIEV-Issa Sadio vit sa 37ème année en Ukraine.  Il est devenu par la force des choses, consul de Guinée dans ce pays agressé par la Russie depuis près d’une année maintenant. Issa Sadio Diallo vit avec sa famille encore à Kiev, la capitale de l’Ukraine, cible de bombardements sans cesse. En plein hiver, ils sont privés d’électricité, à cause des frappes russes ayant ciblés des infrastructures énergétiques. Comment vit-il cette situation ? Ce ressortissant guinéen se confie.

AFRICAGUINEE.COM : Vous faites partie des guinéens qui sont restés en Ukraine malgré l'intensité des bombardements. Comment vous vivez cette situation depuis maintenant près d’un an ?

Oui effectivement ma famille et moi sommes restés en Ukraine à Kiev. Quelques quatre autres familles de Guinéens sont restées dans d'autres villes, il y a également des familles mixtes et d'autres Africains qui sont restés malgré l'intensité des bombardements russes sur les infrastructures énergétiques et vitales.

Dieu nous fait grâce et nous recouvre de sa protection majorée de celle de la défense anti aérienne apportée par les vaillants combattants Ukrainiens. Nous sommes très actifs dans le domaine du volontariat, nous assistons les déplacés, les personnes âgées, les victimes des bombardements en leur apportant des habits, des vivres, en aidant à nettoyer les débris ou matériels de construction. Nous assistons aux débats et discussions sur les recherches de solutions à tous les niveaux, nous donnons des interviews sur les faits réels et les impacts de cette guerre injuste. Mais également nous essayons de travailler pour subvenir aux besoins et apporter ainsi un support psychologique etc. Voilà en quelques sortes le quotidien

Comment vous vivez sans eau, sans gaz et sans électricité à Kiev…des denrées indispensables surtout en cette période d’hiver ?

Si ces coupures d'eau et d'électricité avaient été à l’époque où je venais juste d’arriver de Conakry vers les années 1990, je n'allais pas trop les ressentir. Hélas ce pays là est très riche en eau et en électricité, du moins avant ces bombardements ciblés qui ont perturbé la desserte. Ma famille avait pris des précautions en s'approvisionnant de lampes, des powers bank, de réchaud à gaz portatif, de thermos, des aliments qui ne se gâtent pas sans frigidaires ou congélateurs. D'autres ont acheté des groupes électrogènes.

Il y a quelques soucis pour les personnes âgées et les femmes avec les petits enfants pour monter et descendre des immeubles parfois de plus de 24 étages et plus, sans ascenseur ! Mais on s'adapte à tout! L'essentiel on croit en Dieu et le moral est bon !

Une photo de vous a circulé sur les réseaux sociaux avec une lampe 300 bougies en main. Que symbolise pour vous cette image ?

Au fait c'est une rareté que j'ai retrouvé dans les effets de mon beau père et qui est très symbolique actuellement. Cela prouve qu'il y aura toujours une solution et que les gens ne manquent pas d'imagination, ils restent sereinement droits dans leurs bottes. Aucune coupure du courant ne fait peur car on aura toujours la lumière et la chaleur ! S'il plaît à Dieu.

Avez-vous une idée sur le nombre de guineens qui sont encore sur le territoire ukrainien ?

Grâce Dieu, les quatre familles qui sont à Odessa, une famille dans la région de Zaporozhye, une famille dans la ville de Kharkov et ma famille ici à Kiev ainsi que les familles mixtes, nous nous portons tous bien sous la protection divine. Pour le moment, il n’y a aucune mauvaise nouvelle qui nous concerne directement à part les difficultés au quotidien que l’Ukraine vit sous l’effet de la guerre.

 A un moment, nous apprenions la fermeture du consulat de Guinée à Kiev. Parvenez-vous à remonter des informations ?

C’est vrai, notre consulat honoraire avait été fermé avant même le début de cette invasion, mais je reste encore la personne responsable en tant que président du Conseil des Guinéens de l’Etranger en Ukraine et doyen. De ce fait, je coordonne avec nos autorités du ministère des affaires étrangères de l'intégration Africaine et des Guineens de l'étranger. J'en profite d'ailleurs pour leur témoigner notre reconnaissance et nos vifs remerciements ainsi que les différentes ambassades en Turquie et en Allemagne.  Je remercie également le Gouvernement, le Président du CNRD et toute la population Guinéenne et vous la presse en particulier.

Est-ce que vous arrivez à sortir de temps en temps dehors avec votre famille ?

La circulation est libre surtout dans la capitale. En cas d'alerte chacun reçoit un SMS ou un signal de sirène pour se mettre à l'abri dans les bunkers, mais dès que le danger est écarté, toutes les activités reprennent : la circulation, les transports en commun, le métro, les supermarchés etc.  C'est très dommage de voir ces destructions mais surtout certaines personnes ayant tout perdu y compris des membres de leur famille. Les bâtiments vont être reconstruits, ce peuple est très courageux et travailleur!

Est-ce que les cours se tiennent présentement ne serait-ce que par endroit en Ukraine ?

Les cours continuent en on line ou off line. Des bunkers sont prévus dans les établissements dans la majeure partie des villes et sont autonomes. Ils ont des réseaux internet, des sources d'énergie, des reserves d'eau et de nourriture.

Comment vous vous approvisionnez  en denrées avec des prix qui ont doublé presque partout?

Oui effectivement, actuellement c'est l'hiver. Donc, il y a le froid et la neige partout. Les conditions sont plus compliquées qu'en été.  Mais chacun fait de son mieux pour gérer la propreté. On remarque une solidarité entre les gens, les gens dégagent une énergie positive, la volonté de vaincre et d'en finir avec cette guerre.  Grâce à Dieu, il y'a presque tout! Évidemment, les prix ont augmenté de 60 à  100% pour certains produits ou services. Mais la bénédiction des parents et l'aide de Dieu nous accompagnent et nous gérons soigneusement les finances.

Un dernier mot ?

Ce qui est à la fois remarquable et surprenant ici, les gens sont épuisés mais ils n'ont pas peur. Chacun est prêt à défendre soit par les armes, les moyens financiers, les efforts physiques ou intellectuels. Je prie Dieu que cette guerre finisse dans ce beau pays et partout dans le monde. La guerre n'est pas bonne! Je prie Dieu aussi et surtout d’aider la Guinée à sortir de cette transition en dignité pour enfin vivre en paix et en harmonie.

Interview réalisée par Alpha Ousmane Bah

Pour Africaguinee.com

Tel : (+224) 664 93 45 45