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Armée déployée en Roumanie : «On ne se bat pas pour la guerre, mais pour la paix»

En tête de cortège, Xavier Bettel (à g.) a visité la base de Cincu en compagnie de Klaus Iohannis (à d.), le président roumain. (Photo: alain rischard)

Lors de sa visite dans la base militaire de l’OTAN à Cincu, en Roumanie, Xavier Bettel a félicité le peloton luxembourgeois, tout en rappelant l’engagement total du Grand-Duché pour soutenir l’Ukraine.

À une heure et demie de route de campagne de Sibiu, la grande ville la plus proche, Cincu est une commune rurale comme beaucoup d’autres en Roumanie. Avec comme toile de fond les Carpates, la ville compte à peine 2 000 âmes. Rien de très touristique, malgré le charme rustique de ses hameaux. Pourtant, depuis l’automne 2022, le nom de Cincu circule régulièrement dans les médias européens. Ce mardi 5 septembre, une visite d’état du Premier Ministre Xavier Bettel et de sa délégation y a même eu lieu. Pour cause, à deux pas du bourg et à l’abri des regards, une seconde ville existe : la base militaire de l’OTAN.

Deux ans auparavant, il s’agissait simplement de l’un des plus grands camps d’entraînement de l’armée roumaine. Puis, son statut et sa dimension ont évolué à la suite de l’invasion russe en Ukraine en février 2022. La Roumanie étant frontalière avec le pays dirigé par Volodymyr Zelensky, les 30 pays membres de l’OTAN ont alors décidé d’installer quatre nouveaux groupements militaires en Europe, dont Cincu, à 200 kilomètres de la frontière ukrainienne.

Petit pays, grand allié

Abritée par des collines et des pâturages, la base accueille 1 400 soldats multinationaux, dont 26 soldats luxembourgeois, aux côtés d’homologues roumains, français et belges. «Cela représente le plus gros contingent à l’étranger de notre histoire», a fait savoir Xavier Bettel, venu rencontrer les soldats en compagnie de François Bausch, ministre de la Défense, ainsi que du général Steve Thull, chef d’état-major de l’armée. Ce déplacement a aussi eu lieu afin d’échanger avec Klaus Iohannis, le président roumain.

Composée de containers, la partie de la base élargie par l’OTAN est rudimentaire. Dix chantiers sont encore en cours afin d’améliorer les conditions logistiques. Toujours est-il que ce campement provisoire est un symbole de la mobilisation de l’OTAN face à la Russie, longuement louée par le président roumain et le Premier Ministre lors de leur discours. «C’est grâce à notre professionnalisme que nous avons fait de notre alliance la plus forte de l’Histoire», a déclaré le premier.

Face aux soldats luxembourgeois, Xavier Bettel a tenu à les féliciter : «On ne se bat pas pour la guerre, mais pour la paix». Une présence loin d’être anecdotique pour le Premier Ministre, malgré un déploiement bien moins important que celui de l’armée française qui possède le commandement de la base et plus de 700 membres. «Nous sommes un petit pays, mais un partenaire sur lequel vous pouvez compter.» D’autant plus que le contingent luxembourgeois joue un rôle majeur sur le sol roumain. «On est un petit détachement, mais à haute valeur ajoutée», explique la lieutenante Audrey, à la tête du peloton de reconnaissance du Grand-Duché. «Notre responsabilité est grande, on est les yeux et les oreilles de l’infanterie, car on est devant elle.»

«On est prêts»

Mobilisés pour un mandat de 28 mois en Roumanie, les soldats luxembourgeois participent à des opérations d’interopérabilité avec leurs homologues étrangers. «Notre quotidien, c’est de se préparer aux exercices, seuls ou avec des collègues français ou belges et sinon, on prépare des exercices plus grands sur plusieurs jours.» Un «rythme de croisière» qui dure quatre mois, avant qu’un autre peloton ne les relaye. Au total, plus de 100 soldats luxembourgeois sont mobilisés pour cette mission, dont le nombre de membres du contingent doit passer à 30. 

D’ici l’année prochaine, l’effectif global de la base va également gonfler avec l’arrivée de 600 soldats supplémentaires. Une hausse motivée par la stratégie de l’OTAN, comme l’explique Klaus Iohannis : «Nous renforçons la face est contre une menace qui s’appelle la Russie». Une menace qui est pour l’instant sous contrôle, selon lui. Deux jours après l’annonce par l’Ukraine de l’attaque de drones russes en Roumanie, dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 septembre, Klaus Iohannis a de nouveau démenti le supposé incident (voir encadré). «Nous avons le total contrôle de notre zone aérienne, rien n’a atterri en Roumanie.»

Le cas échéant, «nous avons un scénario, nous saurons quoi faire, où et avec qui», a-t-il poursuivi. Xavier Bettel a lui aussi assuré la solidarité et l’engagement du Grand-Duché en cas d’attaque russe dans un pays membre de l’OTAN. Pas de quoi effrayer la lieutenante des troupes luxembourgeoises : «On sait qu’on est exposés au risque, mais c’est notre boulot, on est prêts».

Des débris suspects découverts

Alors que le président roumain déclarait qu’aucun drone russe n’avait survolé le territoire national lors de la visite de Xavier Bettel, le ministère de la Défense a annoncé, hier soir, que «des enquêteurs ont découvert dans la soirée du 5 septembre des éléments s’apparentant à des débris de drone». Selon l’AFP, ces fragments ont été repérés dans le voisinage de Plauru, un village roumain situé juste en face du port fluvial d’Izmaïl, sur le Danube qui sépare la Roumanie de l’Ukraine. Des expertises sont en cours afin d’identifier l’origine du drone.