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[Football] Conference League : l’Argentin Pruzzo, féroce mais serein

Lucas Pruzzo. (photo Gerry Schmit)

Le latéral gauche du FC Differdange 03 découvre tout. Avec sa mentalité. Prochaine étape, ce jeudi soir, sur le terrain de Maribor et pour arracher un 3e tour de Conference League.

On a frôlé l’incident diplomatique, au Findel, mercredi, quand un journaliste pas au point sur les particularismes régionaux a osé demander à Lucas Pruzzo, flanqué de son maté, si ce n’était pas là une boisson uruguayenne qu’il consommait. Le latéral gauche a ouvert de grands yeux, a rejeté la tête en arrière et commencé à bafouiller en riant pour la forme : «Non, non, non ! C’est eux qui nous l’ont volé !». Pruzzo, l’un des Argentins venus s’agglomérer autour de l’«éclaireur» Juan Bedouret, a ensuite vite retrouvé le sourire qu’il arborait juste avant l’infâme question. Car après tout, le maté, sorte de thé amer, est censé «apporter du calme et une bonne énergie». Idéal avant un déplacement international.

Paraît que certains coéquipiers européens ont déjà essayé (après tout, Antoine Griezmann l’a popularisé en France), mais à l’heure actuelle, c’est surtout l’ancien joueur du Deportio Madryn (D2 argentine), 29 ans, qui découvre une autre culture. Et un autre football. Maribor, à l’aller, ne pouvait pas l’impressionner, pour une raison simple : il s’est senti totalement tranquille, pas bousculé. «Le foot européen est très… correct et très tactique. Les joueurs y font ce qu’ils ont à faire et essayent moins d’opérer des différences individuelles. Il y a beaucoup moins de un contre un et donc de duels.» En raccourci : jouer en Europe serait moins stressant. Même en Europe.

Le barbecue lui manque un peu

En tout cas, Pierre Piskor, un des buteurs historiques du FCD03, présent en tribunes au match aller au Parc des sports d’Oberkorn, l’a adoré dans ce bloc défensif qui a concédé pratiquement zéro occasion de but à l’un des clubs phares de Slovénie. «Pierrot» aurait dû le savoir que Pruzzo et tous les Sud-Américains avaient amené dans leurs valises une toute nouvelle mentalité. Pruzzo, lui, ne l’avait même pas imaginé puisqu’il n’a jamais connu que ça. Alors, quand il lui a été demandé quelle définition il donnerait d’un joueur argentin : «Quelle question! C’est beaucoup d’envie, beaucoup de passion, beaucoup de motivation. C’est l’habitude de la pression. Et on sait souffrir». C’est ce qui pourrait arriver, au stade Ljudski VRT. C’est donc bien qu’il soit là, avec son maté à proximité.

Cela, au moins, il a pu le prendre pour traverser l’Atlantique. Pas son barbecue. Et cela lui manque. Les dirigeants ont promis d’en organiser plus sans qu’on sache si la proposition s’avère être un gentil «chambrage» ou si, vu le nombre de Sud-Américains désormais intégrés à cet effectif, l’exercice relève presque du passage obligé pour une bonne intégration. La «chance» de Pruzzo étant d’être arrivé célibataire et de ne pas avoir eu à quitter femme et enfant pour sa première expérience sur le Vieux Continent. «Mais même! Si j’étais venu AVEC femme et enfant, cela aurait été une pression supplémentaire.» Ce soir, il n’y en a qu’une : se qualifier, puis filer affronter Fenerbahçe au 3e tour, un club que Pruzzo… ne connaît même pas.