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RWDM – Union Saint-Gilloise : le «vrai» derby bruxellois, un demi-siècle plus tard

Auteur d’un doublé dimanche sur le terrain du Cercle Bruges (0-2), Mohammed Amoura a relancé l’USG au meilleur moment : avant le derby. (Photo : afp)

Anthony Moris s’apprête à vivre un petit moment d’histoire : l’USG se déplace ce soir chez son rival bruxellois de Molenbeek, qu’elle n’a plus affronté en D1 depuis 1969.

Des retrouvailles au plus haut niveau, plus d’un demi-siècle plus tard : le match opposant ce soir, à Molenbeek, le RWDM à l’Union Saint-Gilloise d’Anthony Moris marque le retour du «vrai» derby bruxellois en division 1 belge. C’est le derby de la «zwanze» («blague», en dialecte local), l’occasion de célébrer l’identité et le folklore bruxellois, un football «old school» d’un autre temps, se plaisent à rappeler les médias belges à l’approche de ce match très attendu depuis le retour cet été en D1 du RWDM (Racing White Daring de Molenbeek).

Alors que le «grand» Anderlecht, le troisième club bruxellois de l’élite, est davantage considéré comme un club national plutôt que de la ville (chez les Mauves, seuls 15 % des détenteurs d’une carte de supporter sont bruxellois), il existe une vraie rivalité intra-muros entre les fans des deux clubs de la capitale qui dominaient le foot belge au début du siècle dernier.

Près de 40 ans sans confrontation

Il faut remonter à l’entre-deux-guerres, époque à laquelle Anderlecht n’avait encore remporté aucun de ses 34 titres, pour trouver l’origine de la rivalité entre le RWDM et l’Union. Entre 1933 et 1935, la Royale Union Saint-Gilloise réalise une impressionnante série de 60 matches sans défaite pour coiffer trois couronnes d’affilée.

Et c’est le Daring Club de Bruxelles, sis aujourd’hui à Molenbeek, qui met fin à ce cycle le 10 février 1935 avant de devenir champion à son tour en 1936 et 1937. La rivalité est telle qu’elle inspire une pièce de théâtre qui entrera rapidement dans le patrimoine culturel local : Bossemans et Coppenolle. Une joute en «brusseleir» relatant un amour impossible pour cause de rivalités footballistiques.

La professionnalisation du football aura progressivement raison des deux clubs. L’Union rentrant dans le rang pour vivoter durant des décennies à différents niveaux, tandis que le Daring disparaîtra dans les années 70 avant de renaître à coups de fusions et rachats sous le nom de Racing White Daring de Molenbeek. Le dernier match entre les deux clubs en division 1 remonte à 1969. Leur dernière confrontation officielle date de la saison 1984/85.

Le duel de ce soir est donc forcément attendu, même si les deux équipes appartiennent aujourd’hui à des investisseurs étrangers (l’Américain John Textor, également propriétaire de Lyon, au RWDM, et l’Anglais Tony Bloom à l’Union). Le match aura lieu à guichets fermés à Molenbeek mais les 12 000 sièges du stade Edmond-Machtens et de sa tribune Raymond-Goethals ne seront pas tous occupés dans un premier temps.

Les fans du RWDM prévoient un boycott

De nombreux supporters molenbeekois ont annoncé leur intention de boycotter la première période en protestation de la décision de la ligue professionnelle de programmer un jeudi à 18 h 30 ce match attendu depuis plus de 50 ans. Si la «zwanze» bon enfant a parfois laissé place au mépris, voire à la haine, entre fans des deux camps, les supporters les plus anciens espèrent revivre le folklore d’antan.

«L’Union est un club bourgeois, plutôt élitiste, assez chic, décrit l’historien Kurt Deswert dans son ouvrage Bruxelles, balle au centre. À Molenbeek, le RWDM attire des classes plus populaires.» À Saint-Gilles, des familles, des expatriés français ou anglais se mélangent aux habitants du quartier bigarré des Marolles…

Si les supporters unionistes sont volontiers étiquetés «bobos» et ceux du RWDM parfois catalogués à droite, voire à l’extrême droite pour certains, «la politique n’a pas sa place au stade», estime Bernard, un supporter du RWDM cité dans le quotidien La Libre Belgique. «Le hooliganisme est bien moins présent que par le passé.»

L’Union a elle été pendant 50 ans loin de la D1 (qu’elle n’a retrouvée qu’il y a trois ans) et du hooliganisme organisé. «En D3, il y avait moins de monde, cela a permis de conserver une certaine façon de vivre le foot, comme si on avait hiberné», relève Edmond, un supporter, dans La Dernière Heure.