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Propreté, sécurité: comment professionnels et mairie tentent de gérer la situation, place Garibaldi

Les professionnels qui travaillent sur la place Garibaldi à Nice se plaignent de la saleté des lieux notamment due à la présente de nombreux sans-abri, souvent alcoolisés. Ce n’est pas faute de faire passer le service du nettoiement chaque nuit, mais cela ne suffit pas.

Axelle Truquetatruquet@nicematin.fr

La cohabitation est compliquée entre les personnes sans abris qui occupent les arcades et les commerçants de la place Garibaldi. (Photo Dylan Meiffret)

À la question "Que pensez-vous de l’état de la place Garibaldi?", la réponse est invariablement la même, quel que soit l’interlocuteur: "C’est sale, ça sent mauvais."

"En même temps, que peut-on faire?", lâchent, totalement résignés, les professionnels interrogés. "Ces dernières années, le climat a changé, remarque Thierry (le prénom a été modifié à sa demande). Il y a beaucoup de personnes sans domicile qui traînent sous les arcades. Ils sont dans une situation malheureuse, j’en conviens, mais cela pose des soucis. Beaucoup boivent tout au long de la journée, alors ça crée des nuisances. Du point de vue de la propreté mais aussi de la sécurité."

"Dégoûtant"

"Il y en a plein qui font leurs besoins là", ajoutent de concert Franck, un serveur, et Didier, un client, qui, justement, étaient en train de parler du sujet. Ce dernier ajoute: "Là, il est encore tôt [10h30] mais revenez dans trois heures ce sera dégoûtant." Tanguy, cuisinier, dresse le même constat: "Le matin, il n’y a pas grand monde mais ils vont revenir bientôt. Ils font pipi partout, il y en a même qui font caca dans l’angle de la place…"

Pierre abonde: "L’autre jour j’ai refusé l’accès à mes toilettes à une femme totalement ivre qui gesticulait et criait dans tous les sens… Eh bien elle a relevé sa robe et a fait en plein milieu de la place Garibaldi devant les clients."

"À part interdire la mendicité, et encore, je ne vois pas ce qui pourrait résoudre le problème" de la place Garibaldi, souffle un commerçant. Dylan Meiffret / Nice Matin.

"C’est casse-pieds"

Quelle solution alors? Les professionnels sont unanimes: "Nous savons bien qu’il n’y a pas grand-chose à faire. La mairie fait nettoyer tous les soirs. Mais que peut-elle faire de plus? On ne va pas demander à faire passer le jet d’eau toutes les heures, ce n’est pas possible. Nous sommes parfaitement conscients qu’elle fait ce qu’elle est en mesure de faire mais qu’elle se heurte aussi à des limites."

Franck, commerçant sur le début de l’avenue de la République, avance: "À part interdire la mendicité, et encore, je ne vois pas ce qui pourrait résoudre le problème. Je nettoie tout le temps devant ma boutique pour que ce soit propre pour accueillir les clients. En toute honnêteté, les affaires n’en pâtissent pas trop parce qu’on a la chance d’avoir des fidèles locaux et des touristes sympas. Mais c’est casse-pieds d’avoir à gérer ce bazar."

Tout est nettoyé quotidiennement par la mairie, jusque sous les arcades privées. Dylan Meiffret / Nice Matin.

Des problèmes de sécurité

Vanessa, qui gère une supérette avenue de la République côté Garibaldi est elle aussi embêtée. "Nous interdisons l’accès aux personnes qui traînent sur la place et qui veulent acheter de l’alcool mais ce n’est pas évident. Régulièrement nous avons des problèmes car certains se montrent menaçants. La police municipale vient de temps en temps mais ça ne suffit pas."

Sur la place, des employés de restauration se plaignent aussi d’avoir régulièrement maille à partir avec les mêmes individus. "C’est compliqué à gérer", souffle Franck, un serveur. À ses côtés, un client, Didier, a une suggestion: "Pourquoi ne pas mettre un poste de police municipale mobile sur la place pendant l’été? On voit souvent les agents mais s’ils étaient sur zone, leur présence participerait peut-être à empêcher les esprits de s’échauffer."

« Il ne faut pas hésiter à appeler les services »

Anthony Borré, le premier adjoint au maire délégué à la Sécurité, s’est rendu sur place début septembre (Nice-Matin du 8 septembre). Il avait ensuite échangé avec le consul de Pologne car beaucoup de sans-abri sont de cette nationalité. « Je tiens à remercier Monsieur le consul de cet entretien au cours duquel j’ai eu l’occasion de le sensibiliser sur la problématique des ressortissants polonais qui errent dans les rues de Nice, très souvent très alcoolisés, rapporte l’élu. Le consul m’a assuré être sensible à la situation, faire remonter la problématique à sa hiérarchie et a accepté le principe d’une visite de terrain pour constater par lui-même les problèmes que la situation engendre pour les Niçois. »

« Nettoyage jusque sous les arcades privées »

De son côté, l’adjoint au maire de Nice délégué à la Propreté, Pierre-Paul Léonelli, assure prêter une attention particulière au secteur : « La place Garibaldi est nettoyée quotidiennement, jusque sous les arcades qui sont des lieux privés appartenant aux copropriétés mais mis à disposition du public. Du lundi au vendredi, chaque matin, un lavage à haute pression est effectué en présence de la police municipale pour gérer les personnes sans domicile stable. Les corbeilles sont vidées plusieurs fois par jour. Nos agents font un travail remarquable et il est désolant de voir qu’il est gâché par un groupe d’individus, parfois violents, qui ne respectent aucune règle de propreté et de civisme. »

« Élargir les installations de WC publics » ?

En plus de la tournée habituelle du service du nettoiement, la Frap (Force rapide d’action propreté) peut intervenir à tout moment. « N’importe qui, constatant un problème de saleté, peut la contacter gratuitement au 08.00.06.06.40. La Frap va alors se rendre sur place et régler la situation, promet Pierre-Paul Léonelli. Ce sujet, toutes les grandes villes y sont confrontées avec des réponses plus ou moins adaptées. Je considère que la nôtre est efficace mais, bien entendu, elle rencontre des limites et s’inscrit dans un problème plus large. Les services mènent aussi une réflexion plus globale pour élargir les installations des WC publics. Toutefois, qui les utilisera, comment ? S’ils sont en accès libre et ouverts à toute heure, se pose le risque d’un mésusage, qu’ils soient occupés ou dégradés. »