Madagascar
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Madagascar. « Ensemble mettre fin au travail des enfants » : des pourcentages à diminuer

« Justice sociale pour tous, éliminons le travail des enfants ! ». C’est donc le thème choisi, pour 2023 pour célébrer le 12 juin de chaque année, la « Journée mondiale contre le travail des enfants ». Le but de cette Journée est de promouvoir des actions de prévention et de sensibiliser sur la réglementation en vigueur pour lutter contre le travail des enfants et mieux protéger les victimes.

Les actions de sensibilisation de la population, dans le cadre de la célébration de la Journée Mondiale contre le travail des enfants, remonte à 2007

Depuis 2019, Madagascar, en tant que pays pionnier de l’Alliance 8.7 5 (ICI), s’est engagé à prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé ; mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite d’êtres humains ; interdire et éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats et, d’ici à 2025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes.


Mais, en dépit de tous ces efforts, beaucoup reste encore à faire à Madagascar.

Les récentes données quantitatives sont déficientes. Selon les derniers chiffres connus de l’Enquête sur l’Emploi et l’Économie Informelle, la situation reste toujours alarmante. Selon la tendance actuelle, ces chiffres, bien qu’ils méritent une mise à jour, sont valables :

28% des enfants entre 5 à 17 ans travaillent déjà pour survivre ou participent aux besoins de leurs familles et près de 60% d'entre eux exercent la pire forme de travail qu'un enfant ne peut en supporter, à l'instar du tourisme sexuel, 80% des enfants travaillent dans l’agriculture ;

La majorité des enfants (2/3) travaillent comme aide familiale ;

65% seulement des enfants malagasy entre 5 et 17 ans fréquentent l’école ;

44% seulement des enfants travailleurs fréquentent l’école.

Plus l'école est loin, moins l'enfant a la chance d'être instruit. Les enfants scolarisés travaillent le week-end. Ils aident leurs parents à trouver de quoi nourrir les animaux d'élevage.

De ces chiffres, éliminer le travail des enfants est toujours une urgence pour Madagascar. Des voies et moyens doivent être trouvés pour agir vite afin d’atteindre de nombreux ODD, y compris celui sur la pauvreté, l'éducation, les inégalités et la justice. Aussi, toutes les actions doivent s’attaquer aux causes profondes du travail des enfants.


L’engagement annoncé par le nouveau Directeur général de l'Organisation internationale du Travail (OIT), Gilbert F. Houngbo, est le suivant : "...Je m'engage à représenter les voix de ceux qui comptent sur nous à l'OIT. Je pense aux quatre milliards de personnes dans le monde qui n'ont pas accès à la protection sociale. Je pense aux plus de 200 millions de femmes et d'hommes qui sont confrontés au chômage. Aux 160 millions d'enfants qui travaillent. Aux 1,6 milliard de personnes qui travaillent dans le secteur informel. Les entreprises, en particulier les petites et moyennes entreprises, qui sont confrontées à une rupture de la chaîne d'approvisionnement ou à une fermeture en raison de crises, notamment la pandémie, le changement climatique et les conflits armés. Je pense aux femmes et aux hommes qui sont confrontés à la discrimination, à la violence et au harcèlement sur le lieu de travail et ailleurs. Ce sont là autant d'expressions d'une injustice sociale inacceptable que nous sommes moralement, sinon légalement, tenus de combattre..."

À l'occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, un événement parallèle de haut niveau sera organisé par l'OIT lors de la 111e session de la Conférence internationale du travail à laquelle le Président de Madagascar, Andry Rajoelina, participera. La discussion portera sur le lien entre la justice sociale et l'élimination du travail des enfants. Les panélistes présenteront des exemples de la manière dont les mandants de l'OIT ont donné suite à leurs engagements et comment ces derniers constituent des étapes importantes vers l'amélioration de la justice sociale.

Recueillis par Jeannot Ramambazafy et Andry Rakotonirainy