Madagascar
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Restaurer la confiance dans la justice

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Les termes « vindicte populaire » ou « fitsaram-bahoaka » semblent maintenant totalement entrer dans le langage commun. On évoque cette pratique avec horreur et pourtant, elle a pris une ampleur que l’on ne peut pas pour le moment réduire. On ne peut pas l’excuser, mais c’est le contexte dans lequel évolue la société malgache actuelle qui engendre ce comportement motivé par la peur de l’autre ou de la méfiance envers les pouvoirs publics accusés de laisser régner l’insécurité. C’est une véritable réflexion qui doit être menée pour redonner confiance à la population et lui faire retrouver ces valeurs propres à la culture malgache, à savoir le respect de la vie et le sens du « fihavanana ».

Restaurer la confiance dans la justice

Le drame d’Ikongo nous a tous interpellés, ces derniers jours. Le nombre de morts et de blessés nous a choqués, mais à son origine, il y a la ruée d’une foule désireuse de se venger. La vindicte populaire, nous dit-on, a quand même lieu puisqu’un des coupables du rapt de l’enfant albinos et une de ses parentes ont subi des sévices de la part des émeutiers. C’est une pratique qui semble maintenant courante et fait la manchette des journaux. Hier, le conducteur d’un 4×4 a échappé de peu au lynchage à Ambilobe car il était soupçonné de kidnapping. Voilà un exemple parmi tant d’autres que l’on peut citer et qui fait froid dans le dos. Il s’agit d’une évolution des mentalités qui survient dans le contexte de grandes difficultés vécues par la population. L’insécurité est de plus en plus présente dans les localités et les gens ont tendance à céder à la psychose. Les autorités ne sont pas, elles aussi, totalement irréprochables car elles prêtent régulièrement le flanc à la critique. On leur reproche leur laxisme et leur manque de rigueur dans leur manière de réprimer les actes délictueux. C’est tout le système judiciaire qui doit être refondu, affirme le secrétaire général du ministère de la Justice. On sait qu’un immense travail doit être mené pour restaurer une confiance qui s’est effilochée au fil du temps.

Patrice RABE