Mali
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EDM-SA : Ce qui ne va pas Ex-ministres de l’Energie et ex-DG dans l’œil du cyclone

Mercredi 20 septembre en conseil des ministres, l’ingénieur Abdoulaye Djibril Diallo est nommé nouveau directeur général d’Energie du Mali (EDM-SA), en remplacement de Koureissy Konaré, nommé en juillet
2022 qui avait lui-même remplacé Oumar Diarra après une vingtaine de mois à la tête de la société.

Depuis dix ans déjà, la société Energie du Mali voit passer des directeurs généraux au rythme des délestages intempestifs. Il y a seulement trois mois, c’était le ministre en charge du secteur, Lamine Seydou Traoré, qui rendait son tablier. Mais alors qu’est-ce-qui ne va pas à EDM-SA ? La société n’a jamais fait l’objet d’une vérification financière. Un audit demandé par le ministre Bintou Camara serait confié au procureur du Pôle économique. Selon certaines rumeurs, tous les anciens ministres de l’Energie et anciens DG d’EDM-SA vont être convoqués. Cela promet.


En charge du portefeuille des Mines, de l’Energie et de l’Eau depuis plus de 2 ans et demi, j’ai travaillé à […] redresser la situation financière de la société Energie du Mali […] Mes différents entretiens et demandes d’arbitrage […] n’ont malheureusement pas suffi à faire aboutir ma proposition de réorganisation de la société EDM et de déblocage des projets majeurs miniers et énergétiques [qui] portent sur […] la transformation du mix énergétique d’EDM-SA se matérialisant par la substitution des énergies renouvelables au thermique”. Voilà en substance le contenu de la lettre de démission de Lamine Seydou Traoré présenté au chef du gouvernement le 31 mai dernier. L’ancien directeur général, Oumar Diarra, avait tenu, lui, à faire savoir à la presse nationale à la suite d’un record de délestage jamais égalé en mars 2022 qu’”EDM-SA est une société structurellement déséquilibrée depuis plusieurs décennies du fait des coûts de production largement supérieurs aux prix de vente de l’électricité à la clientèle”, précisant qu’en fin 2020, la société enregistrait un déficit de plus de 200 milliards de F CFA. Il avait élaboré un plan de développement sur la période 2022-2026, dont le coût s’élevait à quelque 2300 milliards de F CFA.

Sur le site de la société, on peut lire que les difficultés se résument à un déficit de production du Réseau interconnecté entraînant l’utilisation du thermique (près de 10 % de croissance de la demande par an), la capacité limitée des moyens de production et de distribution dans la plupart des centres de l’intérieur et le niveau élevé des pertes, en particulier du fait de la fraude et surtout la croissance rapide de la demande dans l’ensemble des localités desservies, entraînant la saturation des moyens de production.

Scandale sur scandale Voilà pourquoi les projets de réalisation de la liaison 225 kV bi-terne Sikasso-Bougouni-Sanankoroba-Bamako et celui de la boucle du Sud de 225kV autour de Bamako, qui de-vraient voir le jour l’année dernière, n’ont pu l’être. Pas plus que ceux qui étaient prévus cette année 2023 ; à savoir : la réalisation de ligne bi-terne 225 kV Manantali-Kambila, l’interconnexion Guinée-Mali Sanankoroba-Siguiri et le tronçon nord de la boucle biterne 225 kV autour de Bamako, entre autres.

Un scandale dit des groupes électrogènes vient d’éclater. En effet, on apprend que sur les 27 groupes électrogènes commandés par le président de la Transition, 13 ont été cramés lors des opérations d’essai. Le nouveau ministre, Bintou Camara, précédemment conseillère auprès du président de la
Transition qui avait débloqué une enveloppe de 7 milliards, n’a hésité à mettre en cause la direction générale d’EDM-SA. Au sein de l’entreprise, des murmures de corruption se font entendre sur l’affaire des groupes électrogènes et surtout sur la ligne budgétaire “achat de carburant” et “période de haute tension”, deux lignes qui capteraient entre 30 à 50 % du budget de fonctionnement de l’entreprise, qui se fixe à plus 230 milliards de F CFA.

D’aucuns confient qu’une société aurait empoché depuis 2019 plus de 50 milliards pour l’achat d’électricité non consommée et critiquent l’enveloppe de plus de 100 millions mensuels dont bénéficieraient les 35 directeurs et assimilés (directeur général, directeur général adjoint, directeurs centraux, etc.)
Fin 2019, en plus de ses recettes propres de l’ordre de 600 milliards de F CFA, EDM-SA a bénéficié de 133 milliards de F CFA de subvention de l’Etat. L’Etat a également pris d’autres mesures importantes pour améliorer la situation financière de la société telles que l’annulation d’une partie de la dette fiscale à hauteur de 24 milliards de F CFA et l’apurement de la créance de la société vis-à-vis de la centrale thermique Sogli Pangueba Mohamed (Sopam-Energie) pour un montant de 21 milliards de F CFA.
EDM-SA emploierait plus de 2500 agents, 600 stagiaires et une myriade de bénévoles.
Quelque 800 fournisseurs sont enregistrés auprès de la direction commerciale.

Source : Le Focus