Mali
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Entre Nous : « Quand la révolution dévore ses enfants »

Dans un communiqué du 5 septembre 2023 signé de son porte-parole Siriki Kouyaté, le «Mouvement Yèrèwolo Débout sur les Remparts porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que son leader principal, son commandant en chef, Adama Ben Diarra, a été interpellé ce lundi 4 septembre 2023 par la Brigade d’investigation judiciaire à sa sortie du cimetière d’Hamdallaye, à l’occasion du 7è anniversaire du décès du camarade Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni». Le seul motif de son interpellation évoqué par les services compétents est ‘’l’atteinte au crédit de l’Etat’’, précise le communiqué.

Après quelques heures de garde à vue à la Brigade des investigations judiciaires, le ‘’Commandant en chef’’ a été placé sous mandat de dépôt. Il séjourne à la Maison centrale d’arrêt de Bamako où il rejoint son ancien compagnon de lutte, Youssouf Mohamed Bathily alias Ras bath. Il sera à la barre ce vendredi 08 septembre devant le juge qui se prononcera sur son innocence ou sa culpabilité.

Ainsi la révolution est en train de dévorer ses enfants ! Hier, c’était Oumar Mariko. Puis ce fut Issa Kaou Djim. Ensuite, l’imam Mahmoud Dicko, l’autorité morale du mouvement insurrectionnel ayant abouti à la prise du pouvoir par le Cnsp. Aujourd’hui, c’est Adama Diarra alias Ben Le Cerveau. Demain, à qui le tour ?

Sous sanction de l’Union européenne, Adama Diarra est incarcéré  en attendant sa radiation de l’effectif du Conseil national de transition. Quant à la procédure de flagrance enclenchée contre lui, elle suscite des interrogations par rapport à la forme. Une telle procédure mise en œuvre lorsque l’infraction est en cours ou vient de se produire, vise à assurer une réaction pénale rapide. Or, entre la sortie médiatique du ‘’Commandant en chef’’ du Mouvement Yèrèwolo Débout sur les Remparts et son interpellation, il s’est écoulé plus d’une semaine. Peut-on alors parler de flagrant délit ?

Ce fut le cas aussi en 2021 pour un autre membre du C.n.t. Issa Kaou Djim a été interpelé et incarcéré en dépit de la protestation énergique de son avocat, Me Kassoum Tapo. Comme quoi la procédure pénale rime avec les entorses ces temps-ci au Mali. Et, ironie du sort : à l’époque, ces pratiques ont été soutenues par un certain … Ben Le Cerveau. Qui apprend à ses dépens. En est-il surpris ? «Une révolution inachevée est pire qu’un cancer. Il mange ses fils et sème le désespoir». Une citation du président Mao Tse Toung qu’il a rappelée dans un article de notre confrère Bokar  Sangaré paru en octobre 2021 dans « Jeune Afrique » sous le titre « Mali : Ben le Cerveau, l’homme qui veut voir les Russes à Bamako ».

Pr Issa N’Diaye, philosophe et homme politique malien, est formel : «les coups d’État finissent par se retourner toujours contre les forces sociales qui les ont soutenus».

De façon constante, le Président de la Commission nationale des Droits de l’homme (CNDH), Aguibou Bouaré, répète que «nul n’est à l’abri des violations et abus des droits humains. Ensemble, défendons les droits humains, j’allais dire nos droits!»

Par Chiaka Doumbia

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