Située en Commune IV du District de Bamako, à Hamdallaye, la maternité Renée Cissé est l’une des doyennes des centres de santé communautaires au Mali.

Répertoriée parmi les plus vieux centres de santé communautaires du Mali, selon Dr Goita Adama, médecin généraliste et Directeur technique, la maternité Renée Cissé a été fondée et mise en fonction en 1968, grâce à un financement des habitants du quartier. Ce n’est que sous la 3ème République que le centre communautaire fut baptisée ainsi, en hommage à une assistante sociale n’ayant jamais fait de formation dans le domaine de la santé mais dont le dévouement et l’acharnement au travail étaient reconnus. La « Vieille Dame », qui a subi les affres du temps, a été plusieurs fois rénoves afin de lui permettre de traverser les âges.

En 2015, les équipements de la maternité ont été renouvelés et des travaux sont une nouvelle fois en cours en vue de la moderniser et de la mettre aux normes sanitaires actuelles. Véritable patrimoine pour les habitants du quartier, le fait d’essayer d’y toucher entraîne irrémédiablement une levée de boucliers. En 2014, un Comité de sauvegarde de la maternité est mis en place pour porter la contestation contre le projet de construction du siège de l’Agence nationale de télésanté et d’information médicale dans les locaux du vieil établissement. Un symbole auquel tient la population, mais qui n’est pas non plus un modèle, à cause du comportement de certains de ses employés.

Une ancienne patiente, qui a requis l’anonymat, admise à la maternité pour un accouchement en garde un souvenir amer.  « Les infirmières qui sont censées s’occuper de toi sont souvent celles qui te négligent, te boudent et parfois t’insultent même pendant tes instants de douleur. Pourtant, elles devraient bien se rappeler qu’elles sont femmes avant d’être infirmières et être plus compréhensives avec les femmes enceintes », raconte-t-elle. Une expérience malheureuse qui n’entame pas pour autant la confiance de la population en sa structure de santé. Bassan, une septuagénaire qui s’y soigne depuis des décennies, confie que la maternité fait partie d’elle. « C’est un véritable réconfort pour nous. Elle n’est pas très chère et elle permet à toutes les couches et tranches d’âge de la population d’avoir accès à des soins minimum de première nécessité », se réjouit-elle.

Aminata I. Traoré