Mali
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menace d’attaque militaire contre le niger pour rétablir l’ordre constitutionnel : Le Mali dit « NON » et met en garde tout « Agresseur »

Le Mali et le Burkina s’invitent, de plus en plus, dans le coup d’Etat nigérien. Les deux pays vont jusqu’à prendre une attitude guerrière vis-à-vis de la CEDEAO, de l’Union africaine, de la France et des Etats-Unis. Dans ce bourbier nigérien, les deux pays ont acté un casus belli pour défendre leur voisin commun.

C’est ainsi que les deux capitales ont produit conjointement un communiqué dans lequel elles apportent non seulement leur soutien au coup d’État du Niger, mais se positionnent également comme fervents défenseurs des militaires de ce pays. Décidément, un putschiste en appelle un autre. Aujourd’hui, tout le monde craint un bain de sang et de voir s’installer le chaos chez notre voisin du Sud. L’intervention militaire pour rétablir le président renversé fera de Bamako et Ouagadougou des cobelligérants. Les deux armées sont-elles prêtes et feront-elles le poids ?

L’attitude du Mali et du Burkina peut paraître controversée. Mais les trois pays sont confrontés à la menace commune djihadiste, abandonnés, à leur propre sort, par les puissances mondiales, qui pourtant, ne cessent d’apporter leurs soutiens logistiques et financiers au conflit ukrainien. Paradoxal !

Dans un communiqué, lu, par le ministre de l’Administration territoriale et porte-parole du gouvernement malien, Abdoulaye Maïga, les deux pays s’accordent à dire qu’une intervention militaire au Niger pour rétablir le président élu Mohamed Bazoum s’apparente à « une déclaration de guerre » au Burkina Faso et au Mali. Les deux gouvernements ont mis en garde, avant-hier, lundi, contre tout acte d’agression contre leur voisin nigérien dont les militaires détiennent encore le président démocratiquement élu. La communauté internationale s’agace face à une telle déclaration et craint de voir s’installer dans la sous-région ouest africaine une spirale de coups d’Etat.

Dans son communiqué, sur l’ORTM, la station-mère malienne, le très rigoureux Abdoulaye Maïga, a indiqué que les gouvernements du Mali et du Burkina Faso avertissent que toute intervention militaire contre le Niger s’assimilerait à une déclaration de guerre contre les deux pays, qui se retireraient alors de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Arrivés, eux-mêmes, au pouvoir, par le biais d’un coup d’Etat, les gouvernements malien et burkinabé expriment leur solidarité au peuple frère du Niger qui a décidé en toute responsabilité de prendre son destin en main et d’assumer devant l’histoire la plénitude de sa souveraineté.

Le communiqué précise que les deux pays dénoncent et refusent d’appliquer les « sanctions illégales, illégitimes et inhumaines contre le peuple et les autorités nigériens ».

Déjà, dimanche, l’organisation sous régionale avait décidé la suspension immédiate de toutes les transactions commerciales et financières avec le Niger et le gel des avoirs des putschistes.

Des sanctions, rappelle le ministre malien, qui aggravent la souffrance des populations et mettent en péril l’esprit du panafricanisme. Cette situation intervient après que les dirigeants de la Communauté économique aient donné un ultimatum à la junte nigérienne de restaurer l’ordre constitutionnel, sans exclure le recours à la force.

« Une intervention militaire entraînerait, de la part de Bamako et de Ouagadougou, l’adoption de mesures de légitime défense en soutien aux forces armées et au peuple du Niger », explique le communiqué qui met en garde contre les conséquences désastreuses d’une telle opération militaire. Toute chose qui pourrait déstabiliser l’ensemble de la région comme l’a été l’intervention unilatérale de l’OTAN en Libye à l’origine de l’expansion du terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest.

Un avion français devait atterrir, hier, pour évacuer des centaines de ressortissants de l’Hexagone bloqués dans le pays de Bazoum.

Il faut enfin savoir que Paris et Washington ont pris très au sérieux les menaces de Bamako et Ouagadougou. Et tout le monde prendra la communauté internationale pour responsable en cas de décès de Mohamed Bazoum lors de sa libération des griffes militaires par les forces extérieures. Voilà l’équation énigmatique, aux multiples inconnues, dans ce bras de fer qui fera du Mali et du Burkina des cobelligérants en cas d’attaque contre le Niger. Difficile équation quand même…

Le Mali et le Burkina craignent aussi la déstabilisation de leurs frontières à partir du Niger surtout que Bazoum est réputé, ne pas être, Nigérien, de sang pur.

Issiaka SIDIBE

Le Matinal