Mali

Meurtre du commerçant Kalilou Coulibaly dit Baba à Safo : Le procès fixé au lundi prochain

Kalilou Coulibaly dit Baba a été assassiné avec préméditation par son ami en 2019. Depuis, le meurtrier est aux arrêts et les maliens attendent impatiemment pour connaître la suite réservée à ce dossier par la justice.
Le sieur Kalilou Coulibaly dit Baba, puisque c’est de lui qu’il s’agit, était un commerçant au grand marché de Bamako. Il a été assassiné par son collègue, Aboubacar Sacko et sa dépouille fut découverte à Zorokoro, dans la localité de Safo, dans le champ de son assassin de collègue, le jeudi 10 janvier 2019.
Rappel des faits
Tout débute le samedi 5 janvier 2019. La victime, Kalilou Coulibaly, très connu au grand marché de Bamako pour son travail de transactions et d’opérations dans les service Orange money, Mobicash, Waari, Western Union, Moneygram et bien d’autres, a été contacté par son collègue de longue date, Aboubacar Sacko. Ce dernier lui demandant de le rejoindre près de la Poste. Au regard de leur relation, Kalilou accepta sans hésiter. Mais, avant de sortir, il prit le soin de dire à sa famille qu’il sortait pour une commission. Ainsi, des jours passèrent sans que le commerçant ne regagne son domicile. Les membres de la famille décidèrent à leur tour d’alerter les autorités concernées sur cette fugue inhabituelle du Kalilou. L’affaire ayant été remise à la brigade de la Police judiciaire (PJI), cette dernière décida à son tour d’approfondir les enquêtes. Il ressort des investigations que le dernier appel reçu par la victime Kalilou Coulibaly était à Zorokoro, vers Safo derrière Djalakorodji. Ainsi, le mercredi 9 janvier 2019 au soir, une délégation de la Police judiciaire appuyée par quelques éléments de la B.A.C (Brigade anticriminelle) et certains proches de la victime, se rendirent à Zorokoro.
Après plusieurs minutes de ratissage sur les lieux du dernier signal téléphonique qui n’est autre que le champ du défunt père du criminel, les espoirs commencèrent à se diminuer pour les membres de la famille de la victime.
Pendant ce temps, le commandant de la police remarqua qu’Aboubacar Sacko faisait tout pour détourner les enquêteurs qui tentèrent d’approcher trop près du tas de sable. Alors, le commandant s’isola avec Bakary afin de mieux remarquer ses gestes corporels. Avec l’expérience et le peu de confiance qui s’étaient instaurée entre celui-ci et le criminel Aboubacar, le commandant lui suggérera de l’accompagner en ville pour une autre commission. À la grande surprise, le suspect se retrouve dans la cour de la Brigade de la police judiciaire d’investigation sans qu’il n’ait aucune autre issue de secours. Interrogé et entouré d’hommes armés, le suspect Aboubacar Sacko finit par craquer et reconnaître son forfait.
À en croire le commandant, le criminel Sacko a affirmé qu’il avait effectivement appelé Kalilou Coulibaly, lui demandant de lui rejoindre près de la Poste. Dès que ce dernier arriva, il lui demanda de l’accompagner dans son champ, à Zorokoro. Arrivés sur les lieux, ils sillonnèrent quelques alentours du champ, avant de s’approcher près du puits. L’assassin demanda ainsi à Kalilou de bien observer la profondeur du puits. Ne se doutant de rien, Kalilou se retrouve au fond du puits, poussé volontairement par son collègue. Comme dans tout acte criminel bien prémédité, Sacko commença donc à jeter toutes les briques et pierres qui se trouvèrent près du puits jusqu’à lui ôter définitivement la vie. Dans le but de cacher définitivement le corps, il décida de remplir le puits avec le peu de sable qui se trouvait près du puits. Dès qu’il eut terminé, il constata que ce sable ne suffisait pas. Alors, le lundi 7 janvier, il amena une quantité énorme de sable pour terminer son œuvre maléfique.
Quand le suspect eut fini de tout narrer aux agents de la Brigade, le commandant appela son équipe qui se trouvait toujours dans le champ, afin qu’elle dégage tout le tas de sable qui couvrait le puits. Ainsi fait, des membres de la famille de la victime commencèrent à se fondre en larmes. Le corps n’a pu être retrouvé le mercredi à cause de la nuit, mais plutôt le lendemain, jeudi 10 janvier 2019 vers 16h. Ainsi, le suspect a été arrêté dès la fin de ses aveux. Ainsi, la victime s’en est allée, laissant derrière lui deux veuves et treize enfants.
Et c’est ce puzzle que la justice malienne tentera de démonter le lundi 8 mars prochain à 8h00 lors des assises de la Cour d’appel, à Banankabougou en commune VI. Sauf revirement de situation.
Mariam Konaré

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