La libération de plus de 200 djihadistes en contrepartie de celle de l’homme politique Soumaïla Cissé et de trois autres otages occidentaux remet sur table l’épineuse question de négociation avec les grands groupes terroristes.  Pour  l’analyste politique Mohamed Abdellahi Elkhalil, il faudrait rappeler les terroristes maliens en exploitant des canaux de discussion maliens.

Faut-il négocier avec  les djihadistes au Mali ou plutôt  intensifier la solution militaire?

Négocier serait très grave. Tout d’abord ce ne sont pas des djihadistes, mais des terroristes et des narcotrafiquants. Oui il faut intensifier la lutte armée mais sous une autre dimension, et celle-là c’est l’implication de la population. Il faut impliquer les jeunes et les femmes des zones rurales  sur la question de l’alerte précoce.

La négociation doit-elle concernée tous les groupes djihadistes  ou ceux uniquement maliens ?

Les groupes terroristes n’ont pas la même vision de faire les choses.  Il faut appeler les fils maliens, parmi ces terroristes, qui comprennent que le Mali est une République laïque et indivisible, s’il n’y a pas de problème on négocie. Mais s’ils ont  des visions de séparatisme et d’instauration de la charia, il faut dire non.

Quels sont les canaux de négociation les plus prometteurs ?

Ça ne peut être que les canaux de Mahmoud Dicko.  Il faut réactiver cette office de bonnes missions  de l’imam Dicko, donner les moyens à Jean Zerbo et à Ousmane Madani Haïdara, qu’ils forment autour d’eux des jeunes très compétents qui maîtrisent la question.  Qu’ils aillent, avec une seule voix, appeler les enfants maliens à déposer les armes, de comprendre que le mali est une République laïque. Cependant quand nous nous adonnons  aux canaux de l’Algérie,  ce sera fait sur le dos des Maliens.

L’entente avec les djihadistes permettra-t-elle de retrouver une paix durable au Mali ?

Il n’y aura jamais une entente avec tous les groupes terroristes. Il se pourrait qu’un ou deux groupes acceptent  de déposer les armes et revenir intégrer l’armée malienne pour ensuite relancer des attaques contre le Mali. Je ne pense pas qu’il peut y avoir une entente avec les groupes terroristes. Il faut faire la lutte armée tout en impliquant la population.

 Propos recueillis par Boubacar Diallo