Mali
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SiraKura : mettre fin au nomadisme politique au Mali

Les Assises nationales de la refondation (ANR) ont recommandé de mettre fin au « nomadisme politique » (aussi appelé « transhumance politique »), devenu monnaie courante au Mali sur la scène politique.

C’est une pratique courante au Mali : les élus politiques changent de parti en cours de mandat sans contrainte politique ni juridique. Au niveau local, régional tout comme au niveau national les candidats élus sous les couleurs d’un parti au départ changent de formation à n’importe quel moment de leur mandat avec toutes les conséquences que cela peut engendrer. Ce qu’on appelle le « nomadisme politique » ou la « transhumance politique ».

Cette pratique frustre des formations politiques, qui déploient des moyens assez colossaux pour l’élection de leurs candidats :  ces derniers, malheureusement, peuvent virés de bord à tout moment. Sur plus de 200 partis politiques au Mali, rares sont ceux qui n’ont pas enregistré au moins le départ d’un élu durant son mandat.

Regroupement autour d’un seul leader

Les élus ne sont pas les seuls à s’adonner à cette pratique. Beaucoup de cadres politiques, sans mandat électif, le font également. Le cas récent qui a attiré l’attention des observateurs politiques et de l’opinion publique est celui du Rassemblement pour le Mali (RPM, ancien parti au pouvoir) où plusieurs cadres ont plié bagages pour rejoindre d’autres formations politiques. Selon Koureichy Cissé, journaliste politique, le phénomène de « nomadisme » est encouragé par le modèle politique malien « parce qu’au Mali, chaque parti ressemble plus à un regroupement politique autour d’un seul leader qu’un parti de conviction, d’idée, d’idéologie. »

Pour notre interlocuteur, « si on n’entre pas dans un regroupement politique pour une idéologie, on y entre pour de l’argentDans le second cas, si la direction du vent change, on est obligé de virer de bord ».

Garde-fous juridiques

« On peut interdire à un élu de quitter avec sa légitimité pendant son mandat le parti qui l’a fait élire pour aller dans un autre parti, en mettant des garde-fous juridiques. » ajoute M. Cissé. Mais pour le moment, cette pratique n’est proscrite par aucun texte national. Pas même par la Charte des partis politiques, encore moins les textes internes des partis. C’est pour dire que le phénomène a été oublié par les arsenaux juridiques du pays.

Ainsi, les Assises nationales de la refondation (ANR), au titre des mesures politiques et institutionnelles, ont recommandé de mettre fin aux pratiques relatives au changement de parti en cours de mandat. Cela en prenant des dispositions juridiques interdisant tout élu de changer de parti durant son mandat. Il s’agit là de proscrire le « nomadisme politique des élus » dans la nouvelle Constitution qui doit naître avant la fin de la transition en cours ou dans la Charte des partis dont la relecture est également recommandée par les Assises nationales de la refondation (ANR).

Reste à savoir si ces mesures juridiques pourraient être appliquées aux non élus, qui sont bénéficiaires d’un droit fondamental garanti par les textes nationaux. Ils ont la liberté de choisir leur parti, la liberté de militer ou de ne pas militer.

Source : Benbere