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Au nord de Donetsk, depuis huit ans, la seule ligne de front «les yeux dans les yeux»

L’opération spéciale, comme dit le Kremlin a entamé son 4e mois, et cela pourrait bien durer encore. La Russie s'est dit mardi déterminée à atteindre tous ses « objectifs », intensifiant son offensive contre la dernière poche de résistance de la région de Louhansk dans le Donbass. À chaque fois, la même stratégie : un pilonnage intense de l’artillerie à distance avant d’entrer dans les villages et les villes. Sauf dans le nord de l’agglomération de Donetsk : depuis huit ans c’est une ligne de front avec des tranchées rapprochées. C’est la seule ligne de front « les yeux dans les yeux ». Reportage avec les forces séparatistes.

Avec notre envoyée spéciale, Anissa El Jabri

Deux maisonnettes en pierre isolées, presque perdues dans des bois épais, le long d’un sentier en terre battue. À quelques centaines de mètres, la fin de la forêt et la plaine, les premières tranchées ; c’est ici que se joue la bataille du front Nord de cette partie du Donbass. La zone est sans cesse surveillée par les drones, et par temps clair c’est un affrontement quasiment les yeux dans les yeux. Depuis huit ans, une centaine de mètres à peine séparent les soldats ennemis. Le poste de commandement est lui enfoui dans les arbres, derrière un portail anonyme en métal coloré. 

2015 : Un membre des forces de la République populaire autoproclamée de Donetsk marche sur un char d'assaut lors d'un exercice militaire à l'extérieur de l'agglomération de Torez dans la région de Donetsk.
2015 : Un membre des forces de la République populaire autoproclamée de Donetsk marche sur un char d'assaut lors d'un exercice militaire à l'extérieur de l'agglomération de Torez dans la région de Donetsk. REUTERS/Alexander Ermochenko

« Les troupes sont ici depuis assez longtemps, il y a des tranchées, des abris, des postes de tir, tout le nécessaire pour la défense, explique un membre des forces séparatistes. Notre ennemi a beaucoup d’armes différentes : des armes légères, des lance-grenades, des fusils automatiques, des missiles antichars, et tout ça ils l'utilisent activement au quotidien. Résultat : ça tire ici absolument tous les jours. Pour l'instant, la ligne de front est immobile, personne ne bouge nulle part. Evidemment j'espère que cela changera bientôt et que nous déplacerons la ligne de front. »

Les combats violents et intenses se déroulent des dizaines de kilomètres en arrière de ces tranchées, mais anticipant une bataille ici, les autorités ont déjà demandé aux civils d’évacuer la zone. Ils sont déjà peu nombreux à vivre entre les quelques villages, l’usine chimique et les mines encore en exercice. La route directe qui mène à Donetsk est souvent fermée pour cause de bombardement ; la prendre quand elle est ouverte, c’est souvent courir le risque de rouler pied au plancher sur plusieurs dizaines de kilomètres tant les alertes aux tirs de missiles sont fréquentes.

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