Senegal
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Brt : 121 bus électriques attendus au Sénégal d’ici mars 2023

Parallèlement aux travaux de terrain qui se déroulent bon train, l’autre volet du projet du Bus rapid transit (Brt) concernant le matériel roulant évolue également dans le bon sens. En atteste la signature, le 28 septembre passé, à Paris, du contrat d’acquisition de 121 bus 100 % électrique, et de bornes de charge associées. Un contrat paraphé entre Dakar Mobilité, concessionnaire du Brt, et Crrc, leader mondial pour les équipements de transport par rail, matériels roulants et équipements d’exploitation pour des infrastructures urbaines.

La Semaine de la mobilité durable et du climat qui a été clôturée, hier, a été le prétexte pour le Cetud et Dakar Mobilité détenue par Meridiam (70 %) et le Fonsis (30%) de revenir sur l’importance d’une telle acquisition et sur les caractéristiques techniques de ces bus à la « pointe de la technologie ».

Ces véhicules articulés de 18 mètres sont, selon Yves Wininger, Directeur général de Dakar Mobilité, conçus pour offrir à la fois une grande capacité d’accueil et un confort d’accès aux passagers (embarquement par plateforme, climatisation et wifi à bord). Par ailleurs, a-t-il ajouté, ces bus, entre autres technologies embarquées, intègrent des outils de diagnostic et de surveillance continue des batteries, fiabilisant ainsi le véhicule, mais également l’intégralité de la flotte durant leur opération. « On aura les bus à la fin du premier trimestre de 2023 pour faire les essais. L’objectif est d’être prêt le plus tôt possible pour la mise en service commerciale. Le projet va démarrer entre l’été et l’automne 2023 », a-t-il indiqué, hier, lors d’un point de presse.

Une concession de 15 ans

C’est le 21 mars dernier qu’un contrat de Délégation de service public (Dsp) a été signé entre l’Etat du Sénégal, représenté par le Cetud, et le concessionnaire (Dakar Mobilité Sa). Le contrat de concession de quinze ans comprend l’exploitation et la maintenance du Brt ainsi que l’acquisition des matériels roulants et équipements associés par le concessionnaire. Meridiam (actionnaire principal de Dakar Mobilité Sa) prévoyant de lever un investissement de 88 milliards de FCfa et de 128 milliards de FCfa au total à l’issue des 15 ans.

Revenant sur le sens de l’engagement du Fonsis dans la gestion du Brt dans laquelle il détient 30 %, son Directeur exécutif en charge des investissements, Babacar Gning, explique que c’est une manière de préparer le terrain pour permettre au secteur privé national d’acquérir des actions de Dakar Mobilité. « Parmi les actions que détient le Fonsis, certaines sont destinées à être cédées au secteur privé national, selon des modalités définies par le Cetud, le Ministère des Transports… C’est pour faire en sorte que le secteur privé national ait son rôle à jouer dans ces projets très stratégiques pour la transformation économique du pays », précise-t-il. Non sans rappeler que l’ambition du Fonsis est d’être le bras armé financier de l’Etat du Sénégal pour investir dans des projets qui ont un fort impact dans la transformation économique du pays et de co-investir avec le secteur privé qu’il soit national ou international.

Des tarifs socialement acceptables

L’acquisition prochaine des bus électroniques est un pas décisif vers la concrétisation du Brt dont la pertinence, estime le Directeur général du Cetud, entité porteuse de ce projet, se mesure à l’urgence qu’imposent les contraintes de mobilité dans la capitale sénégalaise. « Dakar fait 4 millions d’habitants, 23 % de la population sénégalaise sur 0,3 % du territoire national. Une agglomération qui, en 2040, fera 7 millions d’habitants. C’est cela qu’il faut préparer avec l’introduction de ces transports de masse. C’est important parce que la ville est déjà saturée. Et pourtant nous n’avons que 25 véhicules pour 1000 personnes, alors que les standards dans les pays développés, c’est 500 véhicules pour 1000, voire 600 pour les Etats Unis », souligne Thierno Birahim Aw. Mais, s’empresse-t-il d’ajouter, le Brt est plus qu’un projet de transport en ce sens qu’il a volet développement urbain avec des composantes assainissement, éclairage public, mobilier urbain. « Faire la promotion des transports capacitaires, mais de manière structurée, avec une articulation forte avec la politique d’aménagement du territoire, est crucial pour maintenir une agglomération viable et vivable. Nous avons engagé la restructuration globale du réseau qui va offrir des rabattements efficaces au Ter, au Brt en desservant un ensemble de quartiers dans l’agglomération de Dakar. L’amélioration de la mobilité à Dakar passera forcément par le développement des transports capacitaires. On n’a pas le choix, parce que l’espace dédié à l’infrastructure routière ne constitue que 15 % au lieu de 35 à 40 %. Cela veut dire qu’il faut optimiser cet espace et transporter le maximum de personnes avec des modes capacitaires », soutient-il. Thierno Birahim Aw assure qu’ils feront en sorte que le tarif soit socialement acceptable pour les populations.