Senegal

Mise dans l'impossibilité d'accomplir ses missions : Pourquoi l’Asbef doit être sauvée par les autorités ?

Si le président de la République Macky Sall n’intervient pas dans la crise que traverse l’Association sénégalaise pour le Bien-être familial (Asbef), cette structure d’intérêt collectif risque de disparaître ! Car, si un établissement d’utilité publique comme l’Asbef est miné par des conflits d’intérêt personnel en violation des textes, seul l’Etat peut prendre ses responsabilités, quitte le mettre sous administration provisoire.

Une mesure conservatoire destinée à maintenir une situation de fait ou de droit, afin de sauver l’Asbef d’un dépôt de bilan plus que probable au vu de la situation. Lequel serait suivi d’une liquidation voire d’une disparition immédiate.

Et tout porte à croire que l’heure est grave puisque la directrice exécutive de l’Asbef, Mme Myriam Makéba Mingou, bien que suspendue de ses fonctions par la «maison mère» qu’est la Fédération Internationale pour la Planification Familiale (Ippf) basée à Londres, s’accroche toujours à son poste.

Une suspension motivée par les révélations d’un rapport d’audit réalisé par une équipe d’experts dépêchés depuis le Kenya par l’Ippf. Un rapport accablant conforté par de nombreuses plaintes déposées à la Police et au Parquet contre Mme Myriam Makéba Mingou, pour malversations financières, licenciements abusifs, faux et usage de faux, etc. Les plaignants ne sont autres que les membres du Comité intérimaire de gouvernance et du personnel de l’Asbef composés de médecins, techniciens, biologistes, infirmiers, pharmaciens et agents. Malheureusement, aussi bien à la Police qu’au niveau du Parquet, toutes les plaintes déposées tardent à être diligentées, au point de plonger l’Asbef dans une très profonde crise.

Selon d’éminents membres titulaires ou administrateurs cooptés du Comité de gestion intérimaire de l’Asbef, toutes les charges délictuelles résultant d’un dysfonctionnement des organes, sont aujourd’hui réunies pour qu’une mesure d’administration provisoire soit appliquée par le président de la République pour sauver l’institution. A cette situation délétère s’ajoute la décision «irrévocable» prise par le principal bailleur (Ippf) de suspendre les financements 2019-2020, estimés à 2 milliards cfa/an environ et qui devaient permettre à l’Asbef d’exécuter ses projets et programmes.

Et surtout d’accompagner l’Etat du Sénégal dans sa politique de santé publique dans tous les domaines. Sur ce plan, l’Asbef a eu la chance de bénéficier de l’appui des meilleurs spécialistes du corps médical et paramédical ainsi que de l’expertise d’anciens ministres, d’officiers généraux à la retraite, de professeurs d’université, de hauts fonctionnaires, d’ambassadeurs, de magistrats, de fonctionnaires internationaux etc.

Ces compétences multidimensionnelles ont permis à l’Asbef d’acquérir très vite une notoriété sur le plan national et une reconnaissance internationale. Aujourd’hui, la suspension des financements a non seulement plombé l’Asbef mais aussi provoqué un désarroi au sein des malades issus des couches les plus pauvres et les plus vulnérables de notre pays.