Senegal
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Pêche, Agriculture et Elevage en grève: Les vétérinaires contrôleurs accusent leur directeur d'avoir autorisé l'abattage… «sans contrôle»

L’Intersyndicale du secteur primaire a décrété un mot d’ordre de grève de 72 heures. Les syndicalistes du Synttas, du Sytrapas et du Snte exigent la restitution immédiate de leurs primes de motivation et de risques. Ces indemnités internes de prise en charge ont été supprimées par l’ex-ministre des Finances, Abdoulaye Daouda Diallo, à travers une circulaire adressée aux secrétaires généraux des ministères des Pêches et de l’Economie maritime, de l’Agriculture et de l’Equipement rural, de l’Elevage et de la Production animale.

Une suppression jugée «illégale et illégitime» par le secrétaire général du Synttas, Mor Diouf. Le chargé de communication du syndicat, Chérif Sambou, demande une correction de cette «note circulaire» pour leur permettre de conserver ces acquis des travailleurs du secteur primaire.

Depuis mardi, des agents des ministères de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Elevage observent un arrêt de travail qui va durer trois jours. Dans le secteur de l’élevage, des médecins vétérinaires et contrôleurs à la Sogas ont suivi et respecté le mot d’ordre de grève.

«A travers notre syndicat, nous avons demandé à l’ensemble de nos membres d’observer cette grève», a dit le secrétaire général du syndicat des médecins vétérinaires du Sénégal, Dr Alioune Badara Kane Diouf, qui dénonce l’attitude du directeur de la Sogas. Ce dernier aurait autorisé l’abattage «sans contrôle».

«Nous avons constaté que le directeur a autorisé l’abattage alors qu’il ne devait pas le faire. Ce serait hors de contrôle parce qu’aujourd’hui, nous sommes en mouvement. Or, l’abattage doit être contrôlé par les vétérinaires».

Les médecins vétérinaires et contrôleurs à la Sogas alertent ainsi sur cet abattage qui se serait fait «sans contrôle à la Sogas». «C’est une situation qui met en danger les populations. Il s’agit d’un abattage clandestin autorisé par le directeur. Les conséquences sont drastiques. Nous sommes en grève et il n’y aura pas un contrôle de ces viandes. Or, la viande peut être une source de contamination avec les maladies zoonoses telle que la tuberculose. Ce qui pose un problème.

Nous condamnons cet acte lâche et criminel parce qu’il y a des conditions d’hygiène à respecter. Si elles ne le sont pas, cela peut entrainer une contamination grave», a-t-il martelé. Les grévistes alertent et mettent les populations en garde contre la consommation de viande impropre et malsaine qui pourrait provoquer la survenue de maladie comme la tuberculose

A la Sogas, les médecins vétérinaires et contrôleurs ont suivi le mot d’ordre de l’intersyndicale des travailleurs du secteur primaire. Mais le mouvement ne semble pas perturber le fonctionnement des abattoirs.

«On a abattu hier et aujourd’hui. Il n’y a pas de rupture de viande. On a abattu», dixit le président du regroupement des professionnels des abattoirs du Sénégal. La réaction de Bassirou Niang laisse entendre qu’il n’y a pas de rupture dans l’approvisionnement du marché en viande. qu’en est-il du contrôle au niveau de l’abattoir de la Sogas ?

«Je crois que ça a été contrôlé. Mais un abattage a été fait et je crois que cela a été contrôlé». Telle est la réponse ambiguë de notre interlocuteur par rapport au «contrôle» qui aurait été effectué alors que les vétérinaires contrôleurs de la Sogas sont en grève. L’état des animaux est pourtant contrôlé par les médecins spécialistes de la santé des animaux qui supervisent l’action de l’abattage tout au long de la chaine. Malgré l’absence des inspecteurs contrôleurs, les responsables de l’abattage ont assuré leur mission. Amadou Sarr, un d’entre eux, l’assure.

«On a des inspecteurs qui sont tout le temps sur place pour contrôler la viande. C’est vrai qu’ils n’inspectent pas aujourd’hui. Ils ont des problèmes avec l’Etat et pas avec la Sogas. Mais nous, on respecte les conditions pour satisfaire les populations. En tout cas, notre mission, on l’a assurée tout en respectant les conditions».

Interpelé sur la situation, le directeur de la Sogas promet de répondre dans les prochaines heures.


Le Témoin