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Au Sahel, une nouvelle alliance sous influence ?


Alwihda Info | Par Koffi Dieng - 29 Septembre 2023



Après leur retrait du G5 Sahel, ** le Mali, le Burkina Faso et le Niger se sont à nouveau engagés dans une alliance le samedi 16 septembre. Les trois pays se sont officiellement unis au travers d’une nouvelle charte. Par ce biais, ils deviennent la nouvelle Alliance des États du Sahel (AES). Dans la région, la création de cette alliance fait débat, notamment auprès de la CEDEAO.


Au Sahel, une nouvelle alliance sous influence ?
« Liptako-Gourma », c’est le nom donné à la charte signée par les trois pays. Il s’agit également de la région frontalière des trois États, ravagée par le djihadisme au cours de ces dernières années. Selon les autorités, l’alliance a pour but de former une ligne de défense contre le terrorisme. Ainsi, l’article 6 de la charte prévoit que « Toute atteinte à la souveraineté et à l’intégralité du territoire d’un ou plusieurs parties contractantes sera considérée comme une agression pour les autres ». En d’autres termes, le Mali et le Burkina Faso réaffirment leur soutien au Niger, sous sanctions de la CEDEAO depuis le coup d’État du 26 juillet dernier. Ces trois États s’engagent donc à ne pas s’entre-attaquer, et défendre les intérêts des uns et des autres. L’article 11 de la même charte laisse également la porte ouverte à « Tous autres États partageant les mêmes réalités géographiques, politiques et socioculturelles » qui souhaiteraient se joindre à l’alliance.

Un nouveau bras de fer avec la CEDEAO ?


Par ailleurs, la CEDEAO souligne l’ambiguïté de l’article 6, visant à préserver l’intégrité de la souveraineté des trois pays. Cette ambiguïté est due au fait que leurs gouvernements, eux-mêmes, ont accédé au pouvoir par le biais de coup d’État. Aussi, cet article pourrait être une réponse aux avertissements de la CEDEAO, qui a récemment menacé le Niger d’une intervention armée. D’après la charte de Liptako-Gourma, une mise en exécution des menaces de la CEDEAO entraînerait, de fait, des représailles de la part des trois États membres de l’AES.

Une main invisible de Moscou ?


En geste politique, la formation de l’Alliance des États du Sahel semble tirer un trait sur les liens subsistants du Mali, Burkina-Faso et du Niger avec leurs anciens alliés du G5 Sahel.
Par ailleurs, des mesures fortes ont été prises par les auteurs de ces coups d’État vis-à-vis de leurs anciens partenaires occidentaux : demande de retrait de forces armées, renvoie de diplomates et discours virulents jusqu’aux plus grandes institutions internationales.
Ces décisions font suite à une réunion entre le vice-ministre russe de la défense, le chef du gouvernement malien et le ministre de la défense du Niger, tenue à Bamako la veille de la signature de la charte de Liptako-Gourma. De nombreux observateurs entrevoient la main de Moscou derrière l’AES.

Si la simultanéité de ces évènements reste très commentée, à raison, il est certain que cette nouvelle alliance tend à changer la donne dans la géopolitique régionale. En attendant, le terrorisme continue de proliférer au Sahel et l’AES est attendue au tournant. Son efficacité sera à prouver.


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