Le gouvernement d’union libyen (GNA) reconnu par l’ONU et les forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est libyen, ont accepté l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu dimanche en Libye.

Cette cessation précaire des hostilités intervient alors que les forces pro-Haftar ont lancé en avril 2019 une offensive pour s’emparer de la capitale Tripoli (ouest), siège du GNA.

– Haftar ordonne l’assaut –

Le 4 avril 2019, Khalifa Haftar ordonne à ses forces d' »avancer » en direction de Tripoli. La veille, son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) avait annoncé une offensive pour « purger » l’ouest libyen « des terroristes ».

Le 5, les forces de l’ANL sont repoussées après s’être emparées brièvement de l’aéroport international de Tripoli, inutilisé depuis sa destruction en 2014 dans des combats.

– « Volcan de la colère » –

Le 7, le porte-parole des forces du GNA proclame le début d’une contre-offensive nommée « Volcan de la colère ».

La Russie bloque l’adoption d’une déclaration du Conseil de sécurité qui aurait appelé les forces de Haftar à arrêter leur avancée, Moscou souhaitant que le texte s’adresse à toutes les parties.

Le 8, l’ANL revendique un raid aérien contre l’aéroport de Mitiga (banlieue est de Tripoli), le seul fonctionnel de la capitale. Elle accuse le GNA de s' »allier avec des milices islamistes ».

Le 18, Paris réfute les accusations « complètement infondées » du ministère libyen de l’Intérieur selon lequel Paris soutient le maréchal Haftar.

Le lendemain, la Maison Blanche révèle que Donald Trump s’est entretenu avec Khalifa Haftar et a reconnu son « rôle significatif (…) dans la lutte contre le terrorisme et la sécurisation des ressources pétrolières de Libye ».

– Revers pour Haftar –

Le 20 avril, les combats redoublent de violence après une contre-attaque des forces du GNA qui gagnent du terrain, notamment dans la banlieue sud de Tripoli.

Le 26 juin, les forces loyales au GNA portent un coup dur aux troupes de Haftar en s’emparant de Gharyan, leur principale base arrière.

Le 2 juillet, 53 personnes sont tuées et 130 blessées dans un raid contre un centre de migrants à Tajoura, près de Tripoli. Le GNA attribue l’attaque aux forces pro-Haftar qui démentent.

Fin juillet, l’émissaire de l’ONU Ghassan Salamé propose un plan en trois étapes: cessez-le-feu, conférence internationale à Berlin et conférence interlibyenne.

– Implications –

Le 5 novembre, le quotidien américain New York Times fait état du déploiement en Libye de près de 200 mercenaires d’une entreprise russe de sécurité privée. La Russie, soupçonnée de soutenir les troupes de Haftar, dément.

Le 15, Washington appelle le maréchal Haftar à cesser son offensive.

Le 10 décembre, un rapport de l’ONU épingle plusieurs sociétés et pays accusés d’avoir violé l’embargo sur les armes décrété en 2011. Il cite la Turquie, soutien du GNA, ainsi que la Jordanie et les Emirats arabes unis qui appuient les troupes de Haftar.

– Déploiement turc –

Le 12, Khalifa Haftar appelle à nouveau ses troupes à avancer vers le centre de Tripoli.

Le GNA annonce de son côté, le 19 décembre, la « mise en oeuvre » d’un accord de coopération sécuritaire et militaire signé le 27 novembre avec Ankara.

Le 2 janvier 2020, le Parlement turc autorise le président Erdogan à déployer des soldats en Libye, ce qui débute le 5.

Le 6, les forces pro-Haftar disent s’être emparées de Syrte, ville jusque-là sous le contrôle des forces du GNA.

– Cessez-le feu –

Le 8, Ankara et Moscou appellent à un cessez-le-feu à partir du 12 janvier 00H00 (22H00 GMT le 11).

Après avoir prévu initialement de poursuivre son offensive, Haftar annonce finalement le 11 qu’il accepte ce cessez-le-feu, prévenant toutefois que la riposte sera « sévère en cas de violation de la trêve par le camp adverse ».

Quelques heures plus tard, le GNA accepte à son tour, tout en soulignant le « droit légitime » de ses forces de « riposter à toute attaque ».

Depuis le début de l’offensive, plus de 280 civils et plus de 2.000 combattants ont été tués, tandis que 146.000 Libyens ont été déplacés, selon l’ONU.

– Signature attendue à Moscou –

Le 13 janvier, un responsable libye annonce que le chef du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU, Fayez al-Sarraj, et le maréchal Haftar sont attendus à Moscou pour signer un accord de cessez-le-feu, annonce un haut responsable libyen.

La signature de cet accord ouvrira la voie à la relance du processus politique, déclare le président du Conseil d’Etat (l’équivalent d’un Sénat) basé à Tripoli, Khaled al-Mechri, à la télévision Libya al-Ahrar.

Le chef du groupe de contact russe sur la Libye, Lev Dengov, indique que les deux rivaux devront déterminer à Moscou « les modalités du règlement futur en Libye, y compris la possibilité de signer un accord sur le cessez-le-feu et ses détails ».