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Switzerland

À Fribourg, «quoi qu’il arrive, la fête est gâchée»

Il est 13 heures passées de quelques minutes. Sur le site de l’Université de Fribourg, quartier général pour suivre le deuxième tour des élections au Conseil des États dans le canton, un mot est sur toutes les lèvres: historique. La PLR Johanna Gapany est en passe de devenir – à 31 ans – la première sénatrice de son canton. Alors qu’il ne manque que le résultat de cinq communes, elle devance de plus de 1000 voix le sortant PDC Beat Vonlanthen, pourtant ex-ministre cantonal. Au téléphone, Doris Fiala, présidente des femmes PLR, peine à retenir ses larmes. «C’est incroyable ce qu’elle a réussi à faire.»

Une heure plus tard, c’est la douche froide. «Un problème informatique a été repéré, déclare Danielle Gagnaux-Morel, la chancelière du canton, devant une assistance médusée. À ce stade, je ne peux pas dire quand il sera résolu ni s’il aura une influence sur les résultats.» Une chose est sûre, des bulletins ont été oubliés.

Les calculettes commencent alors à chauffer tant du côté des journalistes que des états-majors des partis. Et quelques additions plus tard, un frisson parcourt le hall: l’avance de Johanna Gapany sur Beat Vonlanthen s’est réduite comme peau de chagrin. Un peu plus loin, au Café du Midi, stamm du PLR, les sourires font alors place aux crispations. L’attente devient même rapidement insoutenable, alors que les heures défilent, sans qu’aucun nouveau résultat ne soit communiqué. «On se demande ce qui se passe, mais au moins ce couac fera parler des élections fribourgeoises», glisse – dans un rire jaune – le conseiller national Jacques Bourgeois (PLR/FR).

Une image résume parfaitement ce changement radical d’ambiance. Après son arrivée triomphante vers 14 heures, où elle croulait sous les acclamations et pleurait dans les bras de ses soutiens, Johanna Gapany préfère se mettre à l’écart et quitte les lieux en petit comité vers 15h30. Elle réapparaîtra plus tard dans son fief de Bulle.

«Il y avait beaucoup d’énergie en début d’après-midi. On sentait que quelque chose d’historique se passait. Toute cette tension est retombée», déplore une journaliste présente au Café du Midi. «Quoi qu’il arrive, la fête est gâchée», lâche une militante PLR, qui s’apprête elle aussi à partir. Il n’y a pas que l’enthousiasme des militants qui soit atteint. Cette panne technique a un deuxième effet: elle rend probable le dépôt d’un recours. Quel que soit le nom de celui qui devrait l’emporter, il faudrait alors attendre un recomptage pour avoir la certitude qu’il siégera bel et bien à Berne.

«On a du mal à comprendre»

«La confiance dans le scrutin est ébranlée, reconnaît Éric Collomb, coprésident du PDC fribourgeois. On va voir combien de voix séparent Beat Vonlanthen de Johanna Gapany, mais si c’est moins de 200, nous ferons recours. On a du mal à comprendre ce qui s’est passé. C’est une élection majoritaire, sans apparentement de liste, il s’agit uniquement de faire des additions. Comment ce cafouillage peut-il prendre tellement de temps?»

Du côté du président du PLR, on est beaucoup plus serein. Normal, sa candidate est toujours en tête. «Un problème informatique, ça fait aussi partie de la politique», explique Sébastien Dorthe, qui comprend cette interminable attente. «Après avoir découvert des erreurs, la chancellerie prend toutes les précautions pour que les résultats donnés soient irréprochables. On savait que tout se jouerait dans un mouchoir de poche. C’est ce qui est en train de se passer.» Le PLR fera-t-il recours si sa candidate finit troisième? «On en reparlera à tête reposée.»

Ce duel à suspense entre Beat Vonlanthen et Johanna Gapany ferait presque oublier l’élection quasi assurée de Christian Levrat, arrivé largement en tête. Une victoire à la Pyrrhus, toutefois, pour le président du Parti socialiste. Si les Fribourgeois ont accepté de le reconduire à Berne, ils n’ont pas suivi ses appels du pied. Dans cette course, Christian Levrat faisait bel et bien équipe avec Vonlanthen, contre Gapany.

La nuit est tombée sur Fribourg. Sur le site de l’Université, la chancelière convoque à nouveau la presse. Elle annonce que les opérations sont désormais faites à la main. Aucun résultat ne sera publié avant 21 heures. «Je suis navrée et je présente mes excuses aux partis politiques, aux candidats et aux communes.»

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