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Conversation sur l’herbe: À Vidy, Valérie Dréville réinvente les danses fétiches de Jérôme Bel

La comédienne et le chorégraphe unissent leurs univers dans une création très attendue, «Danses pour une actrice». Interview croisée.

Valérie Dréville et Jérôme Bel sur la pelouse de Vidy, après une journée de répétition de «Danses pour une actrice».

Valérie Dréville et Jérôme Bel sur la pelouse de Vidy, après une journée de répétition de «Danses pour une actrice».

CHRISTIAN BRUN

Elle, introvertie, pesant chacun de ses mots; lui, volubile, expansif. Valérie Dréville et Jérôme Bel, ce sont deux univers qui s’entrechoquent. L’une des plus grandes comédiennes de théâtre, dirigée par Vitez, Régy, Vassiliev, s’immisce dans l’univers du chorégraphe, dont les partitions subliment l’individu, la singularité. Avant de dévoiler ce jeudi leurs «Danses pour une actrice» à Vidy, ils nous ont accordé une conversation sur l’herbe.

Qui a approché l’autre pour créer une pièce?

Jérôme Bel: Cette histoire a commencé il y a trente ans. (Rire.) Je suis allé voir des pièces de Claude Régy et j’ai découvert Valérie Dréville. Depuis, je lui voue une fascination. Je me souviens du jour où Vincent Baudriller, alors codirecteur du Festival d’Avignon, nous a présentés. J’étais tout ému. Mais la perspective de travailler avec elle me semblait alors hors d’atteinte. Puis on s’est recroisés, on évoquait vaguement l’idée de créer quelque chose ensemble. Un jour, Hortense Archambault (ndlr: directrice de la Maison de la culture de Seine-Saint-Denis et ancienne codirectrice d’Avignon) m’a dit: «J’en ai marre de vous entendre dire «Ah, Valérie», «Ah, Jérôme»! Montez un projet, et je le prends!»Valérie Dréville: Nous avons commencé par faire de petites sessions de travail, d’expérimentations. Nous avons décidé beaucoup plus tard d’en tirer un spectacle.Jérôme Bel: L’idée était d’imaginer comment une actrice pourrait s’emparer d’un autre matériau, de danses qui font partie de ce que j’appelle la modernité chorégraphique.

Comment vos deux univers se sont-ils rencontrés?

Jérôme Bel: Je savais que Valérie avait fait de la danse classique, petite. Le premier jour, je lui demande donc de me montrer ce qui lui reste de ses années de pratique. Et, là, je lui dis: «Je mets quoi comme musique?» Elle me répond: «Je sais pas, «Le lac des cygnes»…» Je mets donc le morceau… et elle se met à crier: «Arrête, arrête, arrête!»Valérie Dréville: La musique a fait ressurgir toute mon enfance. Avec une violence incroyable. C’est ça qu’on appelle la mémoire affective, dans l’école russe. C’est une mémoire sensorielle, stimulée par un élément extérieur.

Et… vous avez repris la session?

Valérie Dréville: Oui! (Elle sourit.) Nous avons regardé des vidéos de chorégraphies, à partir desquelles j’ai esquissé des improvisations. Il ne s’agissait pas de les imiter ou de les recopier, mais de les interpréter comme je les ressentais.Jérôme Bel: Je lui montrais des œuvres que j’adorais et Valérie voyait des choses que je n’avais pas perçues. Nous avancions sur deux skis: moi sur celui de la danse, elle sur celui du théâtre. Nous nous sommes appuyés l’un sur l’autre pour faire de beaux virages. Même si nous n’avions aucune idée de ce que cela produirait. D’ailleurs nous ne savons toujours pas si ça fonctionne. (Rire.)

Comment avez-vous choisi les partitions scéniques?

Valérie Dréville: Nous avons travaillé sur des pièces abstraites, mais cela ne fonctionnait pas très bien. Nous avons donc plutôt choisi des danses expressives, proches du théâtre. Des œuvres de Pina Bausch, de Kazuo Ono… Jérôme Bel: Le spectre est assez large, mais nous nous sommes concentrés sur ce que l’on appellera de la danse théâtrale. Dans ma pratique, je ne fais pas de danse abstraite. Il y a toujours une signification. Quand Trisha Brown exécute sa danse démoniaque, elle essaie de ne pas être dans une histoire. Cela ne m’intéresse pas. J’échangerais des heures d’Anne Teresa De Keersmaeker ou de William Forsythe contre une minute de Pina Bausch.

Valérie Dréville, quelle est la place du corps dans votre travail d’actrice?

Valérie Dréville: En France, on n’accorde pas une place aussi grande au corps qu’à la parole. Avec Claude Régy, c’était autre chose. Il travaillait beaucoup sur l’interdépendance entre la voix et le corps. Nous explorions la lenteur, la déréalisation. J’ai aussi énormément travaillé sur le corps lorsque j’ai découvert l’école russe, chez Anatoli Vassiliev. Les comédiens faisaient des trainings quotidiens, des arts martiaux. Et ce travail n’était pas séparé de l’art théâtral: le corps de l’acteur ouvre des voies pour trouver le corps, la vie du personnage. Sa vie ici et maintenant.

Jérôme Bel, vous dirigez souvent des interprètes qui n’appartiennent pas à la danse. Des quidams dans «Gala», les acteurs handicapés du Theater Hora, et maintenant une comédienne. Comment cela vous nourrit-il?

Jérôme Bel: J’essaie de déplacer certains curseurs. Je veux être au plus proche de la vie, pas de la représentation de la vie. Avec le Theater Hora, si une mouche traversait la scène, ils s’arrêtaient et la regardaient passer. Alors que nous, nous ferions abstraction, comme si cette mouche n’existait pas. Avec eux, j’avais l’impression de voir leurs pensées, car ils ne savaient pas les cacher. Je retrouve ce même état de transparence chez Valérie, à la différence qu’elle le maîtrise. Elle parvient à s’émanciper des conventions, de l’ego, de ce qu’elle a appris. Pour moi, le théâtre dit la vérité davantage que la vie.

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