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Switzerland

La Coupe, le rêve des joueurs face aux craintes du président

Quand ils ont découvert le Centre sportif de la Rochettaz, les observateurs du FC Bâle ont peut-être eu à la bouche ce mot chantant: «Heimelig», mignon. La forêt alentour, une trouée sur le devant, qui donne sur le lac. Le banc de touche, en bois, est moins confortable que les sièges enveloppants de Saint-Jacques, mais on s’y sent bien. Comme chez soi.

Les racines étymologiques de «Heimelig» ne se rapportent-elles pas à «Heim», le foyer? En l’exemple, celui du FC Pully, qui va vivre un moment unique samedi en fin d’après-midi (17 h) en accueillant le FC Bâle, qui pointe très haut dans la pyramide du football suisse: «Au moment du tirage, quand on découvre «Bâle», c’est la joie totale; mais trente minutes plus tard, on se pose «la» question, à laquelle il est difficile de répondre: combien ça va coûter?» Président du FC Pully, Joël Marmier a passé une bonne partie de sa journée au stade, avec des collègues du comité, bonnes âmes qui veulent tout faire pour que la fête soit belle: «Je ne suis pas un bon président, je suis plutôt un homme de terrain. Quand il y a besoin de quelque chose, je suis là. J’entraîne encore des juniors, j’ai eu marqué les lignes.» En cet après-midi de jeudi, il est temps de placer au bon endroit les WC supplémentaires, tout en ayant un œil sur ceux qui construisent la petite tour qui accueillera les caméras de la télévision. La Rochettaz comme on ne l’avait encore jamais vue.

Un jour unique

La Coupe de Suisse face à un géant, «c’est forcément un cadeau pour les joueurs. Un rêve. La moyenne d’âge de notre équipe est de moins de 22 ans, plus de 80% de l’effectif est issu de notre mouvement junior. Pour eux, ce sera un jour unique», reprend Joël Marmier.

L’autre matin, le bus du FC Bâle est venu, le chauffeur voulant contrôler l’itinéraire idéal pour le jour J: «J’ai fait la photo et je l’ai postée dans le groupe de la première équipe, avec ce message: «Eh les gars, dépêchez-vous, ils sont déjà là!» se marre le président. Le bus est reparti, vide comme il était arrivé. Du côté de Saint-Jacques, on ne laisse rien au hasard: «Des émissaires du club sont venus deux fois nous observer. Pour nous, c’est plus facile, on regarde la télévision.» Aux côtés du président, Michel Vulliemin, un autre membre du comité, s’excuse: «Désolé de prendre autant de temps pour se préparer pour la photo; au tour suivant, quand on recevra Sion, on sera rodés!»

La réalité pour les dirigeants

La bonne humeur règne, bientôt rattrapée par la réalité: «Il y a un cahier des charges empli de directives, notamment sur le plan de la sécurité. Problème, c’est le flou artistique concernant les tarifs. On fait des réunions, on nous explique que la police cantonale assurera tel service, que la police locale sera responsable de l’accompagnement des supporters adverses depuis la gare, mais on n’articule jamais de chiffres précis. Par chance, mon collègue d’Échallens Fritz Aeschbach, qui avait reçu Bâle l’an dernier, m’a donné une copie de son dossier, ça nous a aidés», reprend Joël Marmier.

Le budget frais? «Environ 40 000 francs. Nous avons renoncé à construire une tribune, car une tribune de 300 places, c’est 15 000 francs au bas mot et je n’avais aucune garantie de la remplir. Nous ne parlons pas de bénéfice, nous voulons juste équilibrer les comptes; pour cela, le calcul est vite fait, il nous faut vendre au minimum 1500 billets et espérer que les cantines fonctionnent à fond.»

Pour un club dont le budget annuel se monte à 300 000 francs (pour 21 équipes), c’est un sacré risque. Que la Swiss Football League partage à hauteur… de 3000 francs, pour les équipes éliminées au premier tour. «Au-delà de la magie, je crois qu’il faut vraiment se poser une question existentielle: la Coupe de Suisse actuelle, est-ce vraiment fait pour nous, club de 2e ligue?» questionne le président.

Au fond de lui, il connaît la réponse. Mais son cœur lui rappelle aussi que «des gamins rêvent de vivre un tel jour. Alors, gardons la magie» Déjà, il est reparti. Il y a encore des banderoles à poser…

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