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Switzerland

«Si je consomme moins, c’est pour payer moins»

Il aura fallu un retrait de permis d’un an et le tournage d’une émission de la RTS dédiée à l’écologie positive («Demain») pour inciter l’animateur Jonas Schneiter, 28 ans, à repenser sa manière de vivre et son empreinte énergétique. «Si je consomme moins, c’est pour payer moins. Soyons honnêtes, je fais les choses par opportunisme: l’être humain, par confort et facilité, se tourne naturellement vers ce qui lui coûte moins en effort et en désagrément. Je l’assume. Et tant mieux si les ours ont davantage de place sur leurs icebergs, mais ça serait presque un dommage collatéral», écrit-il dans l’introduction de son nouveau livre «Écolo à profit».

Avec une bonne dose d’autodérision et d’humour – on rit souvent au fil des pages – l’animateur des «Beaux parleurs» sur La Première, parmi ses autres fonctions, a testé «90% des solutions vertes proposées actuellement sur le marché», précise-t-il autour d’un thé à la menthe. Est-il venu au rendez-vous en transport public? «J’ai garé ma monture dehors» (sa voiture électrique, après une année d’abonnement général), confesse-t-il. Toilettes sèches, investissements durables, écotourisme ou encore petits plats aux insectes: rien n’a échappé à sa curiosité. «Je n’ai gardé que les propositions qui étaient écologiques, qui me rapportaient de l’argent et du confort.» Les toilettes sèches sont sans surprise passées à la trappe.

Sa démarche a porté ses fruits puisqu’il a réussi à diviser par trois son empreinte écologique pour atteindre 10,82 tonnes de CO2 pour une année. «En comparaison, la moyenne suisse est à 13,51 et 7,41 au niveau mondial.» À ses yeux, les petits gestes envers la planète sont certes importants mais n’ont aucun autre effet que de se donner bonne conscience. Autant frapper fort et agir à grande échelle. Son premier combat? Que les employés poussent leurs entreprises à investir l’argent des caisses de pension (LPP) dans des investissements durables (le solaire par exemple) «plutôt que dans des placements classiques qui financent généralement le pétrole. Il est déjà connu parmi les écologistes que le premier est plus rentable que le second.

On peut aussi être opportuniste et en profiter.» Côté logement, l’animateur et ses deux chats habitaient à la campagne et consommaient comme un ménage de huit personnes. En achetant un appartement en ville mieux isolé, avec moins de surface à chauffer et plus proche de son travail, il explique avoir doublement amélioré son confort de vie et son porte-monnaie. «L’image de l’écolo à la campagne et du pollueur en ville est fausse.» Sa seule concession à la mobilité partagée a été de vendre son gros SUV pour une voiture électrique (lire encadré). «Je continue à partir en vacances. Mon dernier voyage était en Tanzanie. Je compense mon CO2 et je ne retourne plus deux fois au même endroit. Sinon j’explore le tourisme local.»

Côté ameublement et habillement, il sélectionne désormais mieux ses pièces, moins nombreuses, plus chères à l’achat mais aussi plus durables à long terme. Chiffres à l’appui, Jonas Schneiter estime avoir gagné plus de 40 000 fr. en pouvoir d’achat en un an. «Je ne fais pas de la politique. Je me vois plutôt comme un médiateur entre les purs écologistes et les sceptiques. Prêt à convaincre les derniers qu’on peut aussi faire du profit avec la vague verte.»

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