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Switzerland

Un impôt sur la viande pour protéger le climat

L’État doit intervenir avec le gros bâton. C’est la conviction qu’a de plus en plus Ernst Fehr, un professeur d’économie renommé à l’Université de Zurich. Face au changement climatique, il ne croit pas un instant que les choses se régleront toutes seules en faisant appel au sens moral des gens.

Il réclame une méthode plus efficace, mais aussi plus douloureuse: frapper les consommateurs au porte-monnaie en renchérissant tous les produits qui émettent beaucoup de CO2. Il a exposé son plan dans une interview qui a paru ce mardi dans le «Tages-Anzeiger».

L’idée est de taxer proportionnellement tous les produits selon le dommage qu’ils causent à l’environnement. L’économiste cite notamment la viande, grand émetteur de CO2. Vous en doutez? Le WWF a calculé que produire un kilo de viande de bœuf entraîne l'émission de 15,4 kg de CO2, contre à peine 0,7 kg pour les lentilles, une source équivalente de protéines.

Produits régionaux insuffisants

Christoph Meili, spécialiste des écobilans au WWF Suisse, enfonce le clou: «Lorsqu'un citoyen suisse lambda change de type d'alimentation et devient végétarien, il réduit son empreinte écologique alimentaire de près de 24%, voire de 40% s'il devient végane. À titre de comparaison, privilégier les produits régionaux ne permet de réduire son empreinte que de 4%, soit dix fois moins que de supprimer tous les produits carnés pour ne consommer que des produits végétaux.»

Les paysans, dindons de la farce?

Revenons à notre économiste zurichois. Lui veut taxer non seulement les produits alimentaires «néfastes», mais aussi tous les produits en général selon leur bilan carbone. Ne va-t-on pas pénaliser certaines branches en les frappant trop fortement? L'économiste se dit ouvert à des aménagements fiscaux temporaires pour permettre à certains secteurs de s’adapter.

Et les paysans producteurs de viande ou de lait qui prendraient l’impôt en pleine figure? Ernst Fehr relève que les paiements directs permettraient d’atténuer le choc tout en réorientant la production vers une agriculture plus durable.

Où irait l’argent de l’impôt?

Taxer tous les produits, c’est bien joli. Mais où irait l’argent? Va-t-on remplir les caisses de l’État pour ensuite financer des panneaux solaires ou des éoliennes? Non. L’argent serait redistribué à la population, avec une somme fixe par tête de pipe. En clair, plus vous consommez écolo, moins vous êtes taxés et plus vous y gagnez dans la redistribution de l’impôt. Vous adorez les T-bone steaks et roulez dans un gros 4x4? Là, vous morflez.

Il faudra voir si cette idée d’impôt climatique global fait son chemin dans la Berne fédérale. Le premier test sera sans doute la nouvelle loi sur le CO2 avec la taxe sur les billets d’avion et la hausse du prix de l’essence.

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