Étudiante en fin de Licence au Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté de Bamako, elle vient de remporter le Grand prix Kodjo Ebouclé à Clap Ivoire, le prestigieux concours de courts métrages dédié aux jeunes réalisateurs ouest africains.

Les carrières artistiques de Djelika dite Mama Traoré et du grand acteur ivoirien Kodjo Ebouclé ont commencé tôt. Parallèlement à leurs études, ils ont démontré une une grande précocité professionnelle. Kodjo Ebouclé a joué dans de nombreuses pièces montées par la troupe de l’INA, dont  « Béatrice du Congo » de Bernard Dadié ou « La tragédie du Roi Christophe » d’Aimé Césaire. Djelika dite Mama Traoré, étudiante de 23 ans, vient de remporter le prix qui porte le nom de Kodjo Ebouclé à Clap Ivoire 2021.

Son documentaire, « Ma passion », est une manifestation de son souci constant pour la femme. Le genre choisi répond à une volonté de réalisme, pour « donner la parole aux femmes», au contraire d’une fiction.

Le film traite de l’image stéréotypée de la femme artiste dans une société conservatrice. Une jeune femme, comédienne en même temps que musicienne, se bat pour faire accepter son métier dans sa famille, dans la société et dans un milieu d’hommes. « Les femmes artistes au Mali ne sont pas bien vues. J’ai rencontré énormément de personnes qui avaient des talents mais qui ont dû abandonner leurs rêves. Cela m’a fait de la peine et fut ma motivation. C’était très important de faire passer le message. De fil en aiguille, cela sera  un vecteur de changement positif », se réjouit la réalisatrice.

La venue de la jeune femme dans ce milieu n’est pas un hasard. Au début, passionnée de journalisme, c’est de la caméra qu’elle « tombe amoureuse ». « Tout part de là. C’est ainsi que j’ai rejoint en 2016 le groupe Vortex, une structure de production audiovisuelle cinématographique. Et que j’ai embrassé le métier de réalisatrice ».

En 2019, Djelika dite Mama Traoré entre au Conservatoire Balla Fasséké Kouyaté pour une licence en multimédia, une Licence de droit déjà en poche. Aujourd’hui, outre « Ma passion », elle a deux autres courts métrages à son actif. « Ça suffit », une fiction traitant des violences faites aux femmes, et « Nimsey », une œuvre qui évoque les regrets concernant « la guerre interethnique au Mali ».

Djelika dite Mama Traoré a en perspective de « devenir une grande réalisatrice, soucieuse du devenir de l’humain, plus particulièrement de la femme ».

Boubacar Diallo