Burundi
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Près de 2 millions de personnes exposées à l’onchocercose : le ministère se mobilise

Au Burundi, les maladies tropicales dont l’impact est dévastateur sur les communautés défavorisées restent préoccupantes. Ce lundi 18 avril, le ministère de la Sante a lancé une campagne de traitement de masse de l’onchocercose dans 12 districts sanitaires.

Le Programme national intégré de lutte contre les maladies tropicales négligées et la cécité (PNIMTNC) a lancé ce lundi 18 avril, une campagne de traitement de masse de l’onchocercose et des géohelminthiases dans 12 districts sanitaires endémiques à l’onchocercose. « Au Burundi, l’endémie onchocerquienne s’étend sur 12 districts sanitaires à savoir Bubanza, Mpanda, Cibitoke, Mabayi, Bukinanyana, Bugarama, Rumonge, Bururi, Matana, Rutana, Gihofi et Makamba. Les zones touchées par cette maladie sont au nombre de 371 collines réparties dans 24 communes », a indiqué l’assistant du ministre de la Santé publique.

Pour lui, des campagnes de traitement à l’Ivermectine sous directives communautaires sont organisées pour alléger les souffrances de la population burundaise à travers le réseau actif des agents de santé communautaires.
1 727 563 personnes âgées d’au moins 5 ans vont recevoir de mectizan contre l’onchocercose tandis que 1 336 805 de personnes d’au moins 15 ans recevront l’albendazole pour les déparasiter.

Selon Victor Bucumi, directeur du Programme national intégré de lutte contre les maladies tropicales négligées et la cécité (PNIMTNC) près de 2 millions de Burundais sont exposés à l’onchocercose (Urukushi). C’est principalement dans la plaine de l’Imbo et dans la dépression du Kumoso, mais aussi dans les plateaux centraux.

Une maladie entrainant une cécité est irréversible

Cette maladie se transmet par des piqûres de simulies (mouches noires) infectées. Cette maladie présente des lésions sur la peau. « Au début, la personne contaminée va gratter sa peau avec même des objets. A la longue, la peau peut être déformée sous forme de peau de lézard ».

Non traitée, dit-il, les complications de cette maladie sont difficiles à gérer et peuvent même emporter la vie des gens. Avec l’évolution de la maladie, explique-il, les nerfs peuvent être atteints entraînant par la suite une cécité appelée la cécité des rivières.

« Cette cécité est irréversible. La personne ne pourra jamais retrouver sa vue. C’est la complication la plus redoutable ». Victor Bucumi recommande aux personnes qui constatent des signes inhabituels sur leurs corps de consulter le personnel médical.
L’onchocercose est classée par l’OMS parmi les maladies tropicales négligées car touchant principalement les populations pauvres et démunies, vivant les régions rurales où la transmission de cette maladie est facile.

Pour le directeur du (PNIMTNC), ce vocable ’’négligé’’ vient du fait que ces maladies ne sont pas prises au sérieux par les personnes qui en souffrent. « Au début, les gens pensent que ce sont des troubles simples et recourent à l’automédication ou aux guérisseurs traditionnels ».

Elles sont ensuite négligées par les pouvoirs publics qui n’investissent pas beaucoup dans la prise en charge ou le traitement de ces maladies. Ces maladies sont encore négligées par les soignants. Elles ne sont pas bien diagnostiquées, bien traités.

Pour relever le défi, le Programme national intégré de lutte contre les maladies tropicales négligées et la cécité a mis en place des programmes de prévention et de prise en charge de ces maladies, des campagnes de sensibilisation et de traitement de masse.

La campagne de traitement de masse lancée le 18 avril prendra fin le 30 de ce mois.