Guinea

Mamadou Sylla : "Si c’était moi le Président de la République…"

CONAKRY-Dans cette dernière partie de l'interview qu’il a accordée à Africaguinee.com, le chef de file de l’opposition, aborde la fermeture des frontières.  Elhadj Mamadou Sylla exhorte le gouvernement de prendre des mesures d'assouplissement en permettant à certains camions chargés de passer. Avec l'ancien président du Patronat guinéen, nous avons évoqué le sujet lié à la résurgence d’Ebola et les opérations de déguerpissement en cours dans la capitale Conakry.

Africaguinee.com : Avant de vous engager en politique, vous étiez homme d’affaires. Que pensez-vous de la fermeture des frontières ?

MAMADOU SYLLA : Chaque chose en son temps. Avec la Sierra Léone, on a déjà ouvert. Vous savez quand il y a crise de confiance entre les Etats, cela rend la tâche difficile. Mais, on sera obligé de trouver une solution parce que chaque pays a besoin de l’autre.  Quand cela concerne la sécurité intérieure d’un Etat, c’est difficile de s’impliquer dans la résolution. Il ne faut pas oublier que je suis de l’opposition. A un moment donné, le pouvoir va dire que je suis de l’opposition et que je ne dois pas parler de la sécurité intérieure.  Mais je pense qu’il va falloir permettre même si c’est 2 ou 3 camions de passer par jour à la frontière, en s'assurant de bien vérifier leur contenu. Cela pourrait aider. Comme c’est déjà fait avec la Sierra Léone, on a l'espoir que c’est bientôt le cas avec la Guinée Bissau et le Sénégal sera résolu.

Que pensez-vous des opérations de déguerpissement en cours dans la ville de Conakry et environ ?

Par rapport à cette opération, il y a 3 cas. Dans le premier cas, ce sont les concessionnaires qui ont donné la devanture de leurs maisons aux commerçants qui ont construit des magasins en contrepartie d’un paiement mensuel. Le 2e cas, c’est la commune ou le gouvernorat qui a donné des papiers à des individus qui viennent s’installer le long des emprises des routes. J’ai vu un arrêté conjoint du ministère de l’Habitat et un autre département qui dit que tous ceux sont installés au bord de la route, mais qui n’empêchent pas la circulation, l’Etat peut revendre ces endroits-là aux occupants. Ceux qui sont dans cette situation, le gouvernement doit les indemniser parce qu’ils ont des papiers. Le 3e cas, il y a les concessionnaires qui sont contents qu’on vienne dégager ceux sont devant leurs bâtiments. Mais ce qui est plus important, ce que l’Etat commence tout de suite à mettre les endroits déguerpis en valeur.

Conakry est une capitale où il y a de routes sans passage piétons. Les gens ne marchent pas. C’est pourquoi, il y a beaucoup de crise cardiaque chez nous. Il n’y a pas de lieux pour faire le sport. Dans les autres pays, cela existe. Ce dont je suis contre, c’est de casser les maisons de gens sans rien faire. Si ces endroits ne sont pas mis en valeur, les gens vont revenir sur les zones déguerpies. (…) Il faut d’abord trouver le budget pour que dès après la casse, on commence à mettre en valeur. Si c’était moi le président, j’allais commencer par Kaloum en aménageant les endroits déguerpis. Vous savez que c’est facile de casser, mais reconstruire c’est difficile. Mais comme ici, on ne finit pas les travaux, c'est difficile. La preuve : il suffit de voir les routes. Tout le monde est d’accord sur l’état des lieux de notre capitale alors qu’on reçoit de gens ici. Mais tout cela, c’est l’Etat qui n’a pas pris des mesures. Je suis d’accord qu’il faut casser et indemniser ceux qui ont des papiers, mais s'il s'agit de casser pour casser, ce n’est pas normal.

Notre pays est confronté aux épidémies de Covid et d’Ebola. Selon vous comment les autorités devraient s’y prendre pour contenir la propagation des virus ?  

Les maladies surgissent toujours. La Covid a déjà tué des centaines de milliers de personnes dans le monde. (…) Notre chance, ce qu’on n’a pas beaucoup de vieilles personnes. Pour Ebola, la Guinée a déjà de l’expérience. Je crois que l’Agence nationale de sécurité sanitaire va prendre toutes les dispositions. Dans un premier temps, on nous a parlé de 7 cas dont 3 morts à Gouécké, sous-préfecture située à la frontière avec le Libéria. Après, on nous a parlé d’un autre cas à Conakry. Aujourd’hui, on est à une centaine de contacts. Je pense que la Guinée a l’expérience dans la gestion d’Ebola. Il y a certains qui ne croient pas à ces épidémies et qui parlent d'Ebola business ou Covid business, mais il faut qu’on prenne ces maladies au sérieux. Que les gens sachent que même les pays développés comme les Etats-Unis sont affectés. Aucune guerre, n’a tué autant d’américains que la Covid.

Les images de votre rencontre avec Hadja Rabiatou Serah Diallo ont beaucoup marqué l’opinion quand on se souvient de vos anciens rapports en 2007. Qu’est-ce qui vous a marqué lorsque vous vous êtes vus ?

On a mis nos querelles derrières. Aujourd’hui, en tant que représentants de deux institutions, dès qu’on s’est vus, on a dit Dieu est grand. Elle était secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs guinéens (Cntg) et moi, président du Conseil national du patronat guinéen, on a travaillé ensemble. Après, il y a eu ce malentendu entre nous. On était très contents de nous retrouver. Mais ça veut dire quoi ? C'est que Dieu à payer notre travail. Pas plus tard que le jour de l’arrivée du président léonais, Maada Bio, on était ensemble à l’aéroport. D’ailleurs, on s’appelle mari et femme. Elle m’a dit mon mari viens, je vais t’apprendre comment il faut faire. Je lui ai répondu qu’en tant que président du patronat sous l’ancien régime, j’ai toujours fait partie de corps constitués. Ensuite, elle a ajouté c’est différent et qu’aujourd’hui je suis président d’une institution républicaine (…). On a rigolé. 

A suivre…

Interview réalisée par Abdoul Malick Diallo

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 669 91 93 06  

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