Le thermomètre s'affole ces derniers jours et ce n'est pas fini. Difficile parfois de travailler dans ces conditions.

Quand parle-t-on de vague de chaleur ?

L'IRM parle de "vague de chaleur nationale" lorsque les maxima à Uccle atteignent au moins 25,0°C durant au moins cinq jours consécutifs parmi lesquels le seuil des 30,0°C est atteint durant au moins trois jours. Or, ce même Institut royal météorologique prévoit des maxima de 28-29°C mercredi, de 31 à 33°C ce jeudi, de 34°C vendredi et de 35 à 36°C samedi. Ces températures élevées devraient perdurer dimanche et au début de la semaine prochaine.

Quelle température est acceptable ?

D'après le code du bien-être au travail, les températures maximales acceptables sont de:

La température doit être mesurée à l'aide de ce que l'on appelle un "thermomètre globe humide". Celui-ci tient compte de l'humidité et de la température de rayonnement des objets dans l'environnement. Il est possible que le résultat soit inférieur à la température que donne un thermomètre ordinaire.

Quels devoirs pour l'employeur ?

Si ces températures sont atteintes, cela ne signifie pas le droit d'abandonner son poste. Cependant, la législation sur le travail impose à l'employeur certaines obligations qui varient selon les circonstances. "L'obligation de l'employeur est de faire travailler ses salariés dans des conditions convenables au niveau de leur sécurité et de leur santé, et donc de prendre toutes les mesures appropriées en fonctions des circonstances", explique Jacques Clesse, avocat au Barreau de Liège.

Ces obligations peuvent aller de la distribution gratuite de boissons fraîches, à l'augmentation du personnel pour diminuer les cadences de travail, en passant par la mise en place de moyens de climatisation ou encore la mise en place d'un temps de repos. L'employeur doit également prévoir des équipements de protection pour les travailleurs exposés au soleil.

L'employeur peut aussi décider d’instaurer un chômage temporaire. Durant cette période, le travailleur touche des allocations de chômage de l’ONEM qui, entre autres dans le secteur de la construction, sont complétées par une allocation d’un Fonds de Sécurité d’Existence.

Par ailleurs, si les travailleurs estiment que des mesures tardent à être prises, ils peuvent saisir le comité de prévention et de protection au travail, ou interpeller le médecin du travail.

Et en cas de télétravail ?

La période de confinement a accéléré et renforcé le télétravail dans les entreprises. "Le télétravail repose toujours sur un accord des parties et a un caractère nécessairement volontaire", rappelle l'avocat. "Cela signifie que l'employeur ne peut imposer à ces salariés le télétravail s'il ne peut répondre aux conditions de bien-être des travailleurs."

Cependant si le travailleur décide de lui même de télétravailleur (une solution qui parait être adéquate, encore plus depuis la mise en garde sur l'utilisation de ventilateurs individuels susceptibles de propager le virus), les devoirs de l'employeur ne sont pas les mêmes. "L'employeur n'a pas les moyens matériels d'intervenir en cas de télétravail" précise Jacques Clesse. "Ces obligations sont donc plus légères dans la mesure où il n'a aucune prise sur les conditions de travail à domicile."