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Monaco

Municipales 2020: Puget-Théniers fait face à l’insécurité médicale

Puget-Théniers, moins de 2000 habitants. Un village entre ville et montagne, à près de 70 km de Nice. A un mois des élections municipales, les Pugétois se sont confiés sur leurs attentes. Cinquième étape de notre « road trip » hebdomadaire.

En riant, à peine, un commerçant lance : « Le problème de Puget-Théniers, c’est que sur la route du ski, c’est trop près de Nice. Personne ne s’arrête pour boire un coup ou faire une pause. En plus la route ne traverse pas le village, elle le longe. Mais c’est aussi trop loin de Nice pour qu’on y vienne spontanément pour s’y promener comme ça une après-midi »...

Alors, s’il était maire, il ne changerait rien à son village de plus de 1800 âmes. Il le déplacerait seulement sur la carte.

Un arrêté couvre-feu l’été dernier

Puget-Théniers est situé dans la moyenne vallée du Var.
Puget-Théniers est situé dans la moyenne vallée du Var. Frantz Bouton

À un mois presque tout pile du premier tour des élections municipales, Puget-Théniers est un village « heureux ». Avec des habitants « heureux ».

On a beau gratter, fouiller, insister, terminée l’ambiance qui régnait cet été. Terminés les débordements. Terminé encore le sentiment grandissant d’insécurité qui avait forcé le maire, Robert Velay, à prendre d’août à septembre dernier, un arrêté couvre-feu pour les mineurs de moins de 17 ans dans certains quartiers du village entre 22 heures et 6 heures.

Insécurité, troubles à l’ordre public, « sommet de violence » même, comme le dénonçait le commandant de la compagnie de gendarmerie de Puget-Théniers, il y a quelques mois dans nos colonnes ? « Des problèmes de sécurité ? Non, pas du tout, on est super tranquilles dans ce village, il y a la vidéosurveillance partout, les gendarmes partout, non vraiment, aucun problème », assure Muriel.

Antoine est raccord : « Avec les gendarmes que l’on a ici, ça ne risque pas de broncher. D’ailleurs, ce serait bien qu’ils fassent davantage de prévention. Plutôt que d’être dans le tout répressif ».

Frantz Bouton

"C'est un vrai désert médical ici"

 Phénomène définitivement enrayé ? Ou simple pause hivernale des adolescents perturbateurs ?

« On verra bien », répond Elise, qui n’a même pas l’impression de comprendre de quoi on parle. En revanche, cette Pugétoise de 68 ans sait en revanche de quoi elle veut parler : « Ce n’est pas la sécurité qui nous manque ici, ce sont les médecins qui manquent. Il n’y en a plus qu’un seul dans le village ». « Les jeunes ils peuvent prendre la voiture et allez ailleurs, mais pour les personnes âgées c’est compliqué », ajoute la retraitée.

Céline qui a tout juste 20 ans est bien d’accord avec elle. « Et en plus, il va partir à la retraite. C’est vraiment très embêtant, c’est un vrai désert médical ici ».

Pourtant, il y a l’hôpital de jour, situé dans le quartier de la Condamine, les habitants soufflent. « C’est seulement un EHPAD, tu vas pas y aller si tu attrapes une bronchite », lâche André. « Et si tu attrapes une bronchite, et bien tu as intérêt à ce que quelqu’un t’amène voir un médecin ailleurs », ajoute Élise. Elle le jure : « Le nôtre ne fait pas que Puget, alors il n’est là que deux jours par semaine ». S’ils étaient le maire du village, ces habitants savent ce qu’ils feraient : « On mettrait en place des mesures incitatives pour que de jeunes médecins s’installent ici ».

Elections : les habitants vont vivre une lutte fratricide

Robert Velay avait dans un premier temps annoncé qu’il ne briguerait pas de cinquième mandat. Élu depuis 1995, Robert Velay, DVD, rempile finalement. À la surprise générale. « Contrairement à une rumeur, je n’ai aucune rancœur et si je suis candidat au mois de mars, ce n’est absolument pas avec un esprit de revanche envers lui. Si je sollicite vos suffrages c’est par amour de mon village », a-t-il eu besoin de préciser lors de ses vœux pour 2020. Revanche envers qui ? Son ex-premier adjoint, Pierre Corporandy, également candidat à ces élections municipales.

En 2018, Robert Velay est lâché par celui qui était aussi son « ami ». Le maire avait estimé que cette révolte était menée par le président du Département, Charles-Ange Ginésy, qui ne lui aurait pas pardonné de s’être présenté contre lui aux cantonales de 2015. Ce n’est pas l’analyse de son ex-premier adjoint. S’il a quitté la majorité et s’il est candidat, c’est, a-t-il déclaré dans nos colonnes parce « qu’aucun projet ne pouvait être mené à bien. J’ai été fortement encouragé par mes concitoyens. On a manqué d’ambitions, de projets, on n’a pas pu réaliser grand-chose. »

Les propositions des citoyens pour améliorer leur quotiden

Frantz Bouton

 « Il y a déjà beaucoup d’animations dans mon village, mais j’en voudrais encore plus parce que cela permet de rapprocher les gens. On doit tout faire pour garder l’esprit village. On est tous pareils, noirs, blancs, arabes... on doit tous vivre ensemble ». Elie, 77 ans

« Il manque un office de tourisme dans le village pour faire la promotion du village correctement. Mais il manque aussi des lits ! Des hôtels ou des particuliers qui louent leur appartement. Tout cela pourrait rendre notre village dynamique ». Brigitte, 56 ans

Frantz Bouton

« Il n’y a pas assez de places de stationnement. Parfois les gens tournent trop longtemps pour aller simplement acheter une baguette de pain. Si j’étais maire, je ferais en sorte aussi de trouver un endroit plus adapté pour les manifestations comme la foire à la truffe (ndlr : ce samedi), parce qu’elle se tient sur le grand parking. Du coup, plus personne peut se garer et les commerçants peuvent en pâtir ». Jean-Yves, 54 ans

« Si j’étais maire, je ferais en sorte de trouver une solution pour aider les commerces : ils pourraient baisser leur prix. C’est bien trop cher ici comparé au niveau de vie des habitants. Je ferais aussi en sorte de faire des choses dans le domaine artistique et culturel ». Muriel, 54 ans

« Comme pour Annot, mon village, j’aimerais plus d’animations, plus de commerces aussi ». Bruno, 67 ans

« Il faut aider les commerces qui ferment petit à petit, relancer le milieu associatif, faire beaucoup de prévention routière, créer de l’emploi pour les jeunes. Et mieux gérer les chiens de berger qui sont parfois dangereux ». Vidal, 53 ans

Céline et Brigitte aimeraient la création d’un Office du Tourisme et qu’une association de commerçants voie le jour. Quant à Jean-Yves, le patron du bar-restaurant le Sanya, en plein cœur du village, il aimerait que certaines choses soient aménagées pour donner encore plus envie aux gens de s’arrêter dans son village.
Céline et Brigitte aimeraient la création d’un Office du Tourisme et qu’une association de commerçants voie le jour. Quant à Jean-Yves, le patron du bar-restaurant le Sanya, en plein cœur du village, il aimerait que certaines choses soient aménagées pour donner encore plus envie aux gens de s’arrêter dans son village. Frantz Bouton

« Si j’étais maire j’essaierais de donner envie à des familles avec enfants de venir s’installer. Que le village soit attractif pour eux avec beaucoup d’animations à destination des enfants et des adolescents. ». Aline, 32 ans

« Pendant la haute saison, il ne faut pas se plaindre, mais en basse saison, il n’y a pas assez de choses pour la jeunesse ». Céline, 20 ans

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